Le créateur
Victor Magaud, 23 ans, est encore étudiant en master de management (affaires publiques, géopolitique et entrepreneuriat) à L’Essec Business School de Cergy Pontoise lorsque lui vient l’idée de la création de Phytopolis. "Un jour, en me baladant à côté de Cergy, je suis tombé un peu par hasard sur un abricotier avec des kg de fruits. Je me suis demandé pourquoi on ne voyait pas d’arbres de ce type en ville. Ça a été le point de départ de l’entreprise", qui entend apporter "une solution à la complexité de planter des arbres en ville", témoigne le fondateur de la start-up. Sa formation agricole, Victor l’acquiert sur le tas, "en questionnant des jardiniers, des urbanistes, des élus". En parallèle de ses études, il développe l’idée. Phytopolis naît à Saint-Laurent-de-Cognac en janvier 2024, et le premier prototype de mobilier est créé dans le jardin de son frère, seul propriétaire de la famille habitant en Charente.
Le concept
Phytopolis a développé une gamme de mobilier hors sol (pour l’heure, en bois) en "arboricompostage" : il s’agit d’un meuble à double bac, accueillant d’un côté une plante et de l’autre des biodéchets, pour la nourrir jusqu’à maturité. Sa promesse : faire pousser des arbres ou des plantes en hors-sol avec la même efficacité qu’en pleine terre.
À la clé pour l’entreprise : la capacité de pouvoir installer sa gamme (y compris celle dédiée aux plantes grimpantes ou aux potagers) n’importe où, la start-up reposant sur un réseau de sous-traitants (menuisiers, pépiniéristes…) agiles qu’elle développe petit à petit localement, à l’image du menuisier charentais Debessac, principal fabricant actuel de ses meubles.
Phytopolis entend développer des projets adaptés à la demande de chaque client. Le premier d’entre eux a été installé dans la cour de l’école primaire de Champniers, près d’Angoulême (Charente). L’entreprise vise une clientèle essentiellement professionnelle (aéroports, gares, Ehpad, restaurants, hôtels, bureaux, entreprises…), en intérieur comme en extérieur, mais aussi les collectivités locales.
Les perspectives
Si son fondateur affirme disposer aujourd’hui de 200 000 euros de contrats dans les tuyaux, pour moitié dans le public, il nourrit de plus grandes ambitions. Incubée à l’Essec Ventures et à Cy Entreprendre (incubateur de Cergy-Paris Université), Phytopolis a déjà remporté plusieurs prix d’innovation, notamment en novembre le prix Pépite national (7 000 € en tout), concours organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur et Bpifrance, ou le prix Vegepolis Valley (pôle de compétitivité angevin), qui lui a octroyé 10 000 euros pour financer des études nécessaires à son développement.
Enfin, elle est aussi lauréate de l’appel à projets Smart Territories porté par le groupe ADP (Aéroport de Paris).
Phytopolis ne veut pas s’arrêter à l’installation de projets de mobilier urbain : l’entreprise veut aussi lancer l’an prochain une offre de services, qui devrait concentrer l’essentiel de ses recrutements dans les années à venir (15 personnes espérées dans 3 ans). "Phytopolis Services s’occupera à la fois de l’entretien des plantes (arrosage, renouvellement) que de la collecte et du dépôt de biodéchets sur les sites des différents projets", précise Victor Magaud. Un moyen pour son projet de dégager de futurs revenus récurrents pour une clientèle privée.
À plus long terme, le créateur de Phytopolis ne s’interdit pas, financements à l’appui, de se transformer en industriel, grâce à une ou plusieurs usines en propre, et a déjà des rendez-vous prévus pour exporter son concept.