Le groupe fondé par Jean-Louis Louvel reprend sa marche en avant... Sans jamais avoir réellement marqué de pause. À peine finalisée la reprise du Bordelais Beynel-Manustock, désormais détenu à 100% par Palette Gestion Services (PGS), l'heure est à nouveau à la croissance externe. En avril, le groupe rouennais, leader français sur le marché de la palette neuve et reconditionnée, officialise la reprise de Scierie Palettes Blanc (SPB), une entreprise du Gard dotée d'une capacité de production de 1,3million d'unités par an et qui fait grimper la capacité totale de production du groupe à 7,3millions de palettes.
Nouveau rachat en juin
L'opération fait du même coup entrer dans le giron de PGS la scierie SPC située à Camarès dans l'Aveyron, pour compléter un peu plus le maillage national du groupe normand. Un rachat qui devrait précéder de peu une seconde opération que le dirigeant pourrait officialiser dès juin prochain et qui devrait permettre au groupe d'atteindre d'ici septembre la barre des 150M€ de chiffre d'affaires pour quelque huit cents collaborateurs!
Des approvisionnements sécurisés
Pour Jean-Louis Louvel, ces différentes opérations sont le fruit d'une stratégie patiente et raisonnée: «nous avons toujours mené une politique de croissance externe visant à assurer un maillage national de nos unités industrielles. Ces rachats, ce sont également des concurrents en moins, admet le P-dg, mais surtout des entreprises stratégiques bien structurées, avec des outils complémentaires des nôtres et implantés sur des zones différentes de celles où nous sommes déjà présents». Un ensemble qui renforce surtout la sécurité d'approvisionnement du groupe, véritable pierre angulaire de la stratégie de PGS. «Si nous n'avions pas signé Beynel en 2009 (et ses fortes capacités de stockage de bois qui vont passer de 22 à 72ha), nous n'aurions pas fait le reste, explique Jean-Louis Louvel. Les outils sans la matière première, c'est trop risqué» A fortiori si Beynel-Manustock était passé entre les mains d'un concurrent! Des concurrents qui peinent à suivre le rythme imposé par le leader français qui fut le premier à initier ce phénomène de regroupement dans un marché extrêmement atomisé. «D'autres engagent des rapprochements régionaux, mais personne n'a de vaste plan national comme nous», lâche le dirigeant veut aujourd'hui creuser l'écart avec ses poursuivants en confirmant pour 2012 de nouvelles acquisitions, probablement dans la partie Est de l'Hexagone.
10M€ d'investissements
Sans attendre, le groupe a décidé d'investir sur deux ans près de 10M€ pour améliorer sa productivité. Premiers bénéficiaires de cette enveloppe, les sites de productions historiques du groupe racheté en 2001 à Technipal ainsi que les nouveaux venus Perurena et Beynel. Une remise à niveau «pour se préparer à la reprise» qui passera par de nouvelles machines, mais aussi par un accroissement des capacités de stockage, de séchage et de traitement du bois.
PGS à l'international?
Sa couverture nationale réalisée (en 2012), PGS pourrait raisonnablement s'orienter vers une croissance à l'international, celle-là. Mais là encore, Jean-Louis Louvel joue la prudence: «on ne construit pas en fonction de nos envies mais on écoute nos clients...» Des clients qui attendent pour certains des développements européens que PGS a entamés depuis quelques années en Espagne et en Belgique, pays frontaliers qui pourraient être les têtes de ponts de la nouvelle expansion du groupe normand. Une chose est sûre, quand la machine sera lancée, «les choses iront très vite!»
Guillaume Ducable
Filière bois Le leader français de la palette neuve et reconditionnée veut marquer des points face à la concurrence et annonce coup sur coup 10M€ d'investissements dans son appareil de production ainsi que deux nouvelles opérations de croissance externe en 2011.