Pêche au large : Les entreprises se mobilisent
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Pêche au large : Les entreprises se mobilisent

Plus les bateaux hauturiers vieillissent, moins ils sont rentables et moins il est possible de les renouveler. C'est pour briser ce cercle vicieux qu'un groupe d'entreprises bretonnes, de l'amont à l'aval de la filière, se réunit. L'âge moyen des bateaux de pêche hauturière est de 34 ans en Bretagne. Or la pêche au large représente 20% de la flottille mais 80% des débarquements dans les criées bretonnes. «Si ces 20% sont touchés, c'est toute la chaîne derrière qui le sera: la logistique, le conditionnement, le mareyage, les ventes...», explique Pierre Guilcher, du cabinet Portance Conseils à Brest qui coordonne le lancement de la grappe d'entreprises ?Pêche durable de Bretagne?. «Il y a urgence à trouver des solutions pour ce segment», poursuit Solenne Guennec de la fédération des comités des pêches du Finistère. Car sur dix ans, l'importation de poissons frais et d'élevage a augmenté de 65%.




Développer l'EBE des navires

Face à ce constat, la Région étudie actuellement l'euro compatibilité d'un fonds régional d'investissement dans les bateaux. En parallèle, une mobilisation des entreprises à l'échelle de la Bretagne est en train de voir le jour. Autour de la création du cluster ?Pêche durable de Bretagne? se regroupent les plus grosses entreprises du secteur: l'Armement Bigouden, la Scapêche, la Fipêche à Guingamp, la société Béganton à Roscoff, Top Atlantique du groupe Le Saint, le chantier naval Gléhen... Le 14octobre, cette vingtaine de sociétés a répondu à l'appel à projets de la Datar sur les grappes d'entreprises. Objectifs: lancer des projets en commun pour développer l'excédent brut d'exploitation des bateaux grâce à des progrès sur toute la chaîne de valeur. Et ainsi réinvestir dans des bateaux neufs. «Pour développer la rentabilité des navires, tout se tient: le marketing, l'optimisation de la logistique virtuelle ou de la chaîne de transport pour donner un avantage concurrentiel à nos produits», explique Pierre Guilcher.




Banques: de nouveaux modes de financement

«Les innovations sur les bateaux neufs ne sont pas éligibles aux subventions. C'est donc à nous, entreprises, d'assumer la prise de risque. Elle est donc mesurée», témoigne Soizig Le Gall, patronne de l'Armement bigouden, qui, à travers la grappe, veut étudier les possibilités d'une mise en commun de la R & D. Sont également dans le cluster, le Crédit Mutuel Arkéa et le Crédit Maritime. «Un bateau hauturier coûte entre 2 et 5M€. Nous devons trouver de nouveaux modes de financement pour cette activité très capitalistique», analyse Denis Sénéchal, expert pêche au sein du Crédit Mutuel Arkéa, en négociation avec la Région pour abonder au Fonds régional d'investissement. Si début 2011 la réponse de la Datar est positive, une Scic (société coopérative d'intérêt collectif) devrait voit le jour. Elle regrouperait les entreprises de la grappe et des acteurs publics.

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