Paul Boyé Technologies : La gamme santé s'étoffe

Paul Boyé Technologies : La gamme santé s'étoffe

Le fabricant d'équipements de protection des biens et des personnes en environnement extrême lancera cette année de nouveaux produits grâce auxquels il espère s'ancrer un peu plus dans le secteur de la santé.

Paul Boyé Technologies est une entreprise discrète. Installée dans une ancienne base militaire du Vernet après la destruction, le 21 septembre 2001, de son usine de la route de Seysses, elle y confine aujourd'hui toute sa R&D. Et c'est par le biais de ses différents succès technologiques qu'elle fait, de temps à autre, parler d'elle. Comme lorsqu'en 2006, elle parvient à concurrencer les masques de protection respiratoire importés d'Asie. Sous le menace d'une pandémie grippale, l'État français souhaite alors sécuriser ses approvisionnements, en disposant de moyens de production sur le territoire. «Le défi était de taille puisqu'il ne fallait pas que nos masques coûtent plus cher que les produits d'importation», se souvient son président, Jacques Boyé. Pour le relever, la société embauche et investit plusieurs millions d'euros dans une chaîne d'assemblage automatisée qui produit toujours quelque 250.000 unités/jour, faisant de Paul Boyé Technologies le premier fabricant français de cet équipement de protection.




Du «made in France» compétitif

«Ce qui nous a plu dans cette aventure, c'est de prouver que nous étions capables d'être compétitifs avec des produits technologiques ?made in France?.» Un véritable credo pour cette entreprise qui a d'ailleurs décidé, fin 2005, de troquer son nom de «Manufacture de Vêtements Paul Boyé» contre celui de «Paul Boyé Technologies». Une façon pour elle d'affirmer son positionnement actuel, conséquence d'une histoire qui a débuté il y a plus d'un siècle, sous l'impulsion de Pierre Boyé, tailleur à Sète. C'est l'un de ses fils, Paul, qui va véritablement donner sa dimension industrielle à l'entreprise au sortir de la Seconde guerre, en la spécialisant dans la fabrication d'uniformes administratifs et de vêtements de combat. «Quand nous avons, avec mes deux frères, rejoint l'entreprise dans les années 70, ces marchés étaient en train de s'effondrer avec la disparition de l'uniforme obligatoire», se souvient Jacques Boyé. La survie de l'entreprise familiale passe alors par une diversification vers le prêt-à-porter et une ouverture à l'international. À la fin des années 80, les trois usines françaises de La Manufacture de Vêtements Paul Boyé emploient jusqu'à 750 personnes. Engagée dans une guerre des prix pour maintenir son rang de fournisseur de la grande distribution, elle ouvre des usines à l'étranger. «Cela n'a pas suffi. La grande distribution nous a tourné le dos au milieu des années 90, préférant des fournisseurs asiatiques. Ce déréférencement a bien failli couler l'entreprise...» Elle se retire alors du marché du prêt-à-porter civil et se recentre sur son savoir-faire: les équipements de protection individuels, les uniformes et les tenues de combat.




Bien plus que du tissu

Toujours présente en Tunisie, à Madagascar (à travers deux filiales qui fabriquent les uniformes standards en séries) et à Bédarieux, dans l'Hérault, l'entreprise a fait du Vernet son centre névralgique. Là où des ingénieurs chimistes et textiles, des spécialistes de la balistique et autres thermiciens travaillent à l'élaboration de nouvelles solutions techniques pour la protection des biens et des individus confrontés à des situations extrêmes. Tenues de camouflage ou d'intervention en zone contaminée NRBC (nucléaire, radiologique, biologique, chimique), ou encore charnière textile de l'A380: «Aujourd'hui, 70% de notre chiffre d'affaires provient de produits développés en interne», affirme fièrement le président pour qui «le vrai savoir-faire de Paul Boyé Technologies, c'est la transformation et l'assemblage des matériaux souples et complexes, qui ne se résument pas au tissu, loin de là!» Sans trop entrer dans le détail,Jacques Boyé annonce «de nombreux développements à venir sur toutes nos gammes de produits: la défense (50% de l'activité, ndlr), la sécurité civile, l'industrie et la santé.» Le marché de la santé- sur lequel son positionnement est le plus récent «mais amené à monter en puissance»-, devrait notamment voir arriver deux nouveaux produits cette année. Parmi eux, une déclinaison médicale du gilet réfrigérant qu'elle avait mis au point en 2008 pour permettre d'abaisser la température du corps des athlètes des JO de Pékin. «Des essais sont en cours avec le milieu médical toulousain», précise Jacques Boyé, décidément très secret.

Paul Boyé Technologies



(Le Vernet) Président: Jacques Boyé 220 salariés en France, 500 en Tunisie et à Madagascar CA 2010: 69M€ Tél. : 05 34 48 21 00 www.paulboye.com