L'assemblée générale du 9 février 2017 fera date dans les annales de la CCI Rouen Métropole. La décision de vendre le siège historique de l'ex-CCI de Rouen, devenue depuis CCI Rouen Métropole suite à la fusion avec ses homologues de Dieppe et Elbeuf, a été votée par les 52 élus consulaires de la mandature sortie des urnes en novembre dernier. L'acquéreur, c'est le groupe Altitude dirigé par l'entrepreneur rouennais Jean-Paul Rivière, qui a mis sur la table 9,3 millions d'euros pour emporter l'affaire. Engagé en 2015 sous la présidence de Christian Hérail, le projet constitue l'une des premières décisions de poids du nouveau président Vincent Laudat. « Ce lieu n'était plus adapté pour accueillir les chefs d'entreprises », justifie l'élu consulaire qui met également en avant un autre argument : « Il fallait changer l'image de la CCI ».
Un bâtiment emblématique de la Reconstruction
Érige en 1953 sur les ruines de la première CCI de France édifiée en 1743 et détruite au cours de la Seconde-Guerre-Mondiale, le bâtiment était devenu une charge trop lourde pour les finances de la CCI. Des grands volumes, une mauvaise isolation... Et un mobilier d'apparat signé André Arbus et Jacques Adnet, grands maîtres des Arts Décoratifs de l'immédiat après-guerre. La vente des principales pièces avait d'ailleurs été organisée en juin 2015. Ne restait plus alors qu'à officialiser la cession des murs. Face aux majors du secteur (sept candidats ont déposé une offre), c'est donc le régional de l'étape, Cap Horn Promotion (groupe Altitude) qui a mis la main sur ce bâtiment très convoité du centre-ville de Rouen situé en bordure de Seine rive droite et jouxtant le Théâtre des Arts. Un bâtiment, ou plutôt un ensemble immobilier de plus de 10 000 m² qui englobe actuellement le Tribunal de commerce situé à l'arrière de l'actuel siège de la CCI.
Un hôtel de standing en front de Seine
Côté projet, Cap Horn a déjà dessiné les contours de ce que devrait être à l'horizon 2021 son nouvel écrin : le promoteur a fait le choix d'un « mix » avec d'un côté des logements et de l'autre un complexe hôtelier haut de gamme (près de 5000 m²) dont le nom de l'opérateur ne devrait pas être dévoilé avant l'été, confirme Guillaume Parisot, le directeur général de Cap Horn. Seule certitude, de l'envergure du programme hôtelier dépendra le nombre de logements proposés à la vente. Des 10.000 m² actuellement occupés par les services de la Chambre et de ses partenaires (CCI International, CCI Normandie...), ne restera au final que la façade classée de l'édifice, côté Seine... Et non l'escalier central, souvent présenté comme étant lui-même « classé » et qui devrait être détruit pour laisser place à une construction entièrement neuve dont la conception a été confiée au cabinet d'architectes ATAUB (Rouen) associé au bureau d'études Eco 80.
Comment passer de 10 000 m² à 19 000 m²...
Au total, Cap Horn prévoit ainsi de passer de 10 000 m² de plancher à près de 19 000 m² : « on maintient la façade et à l'arrière on fait du neuf », résume Guillaume Parisot. Le projet, qui prévoit « un poumon vert » en îlot central, occupera donc tout l'espace à l'arrière de l'actuel siège de la CCI, y compris le bâtiment abritant le Tribunal de commerce qui sera également rasé pour l'occasion. Et sous le futur complexe, le promoteur a déjà prévu deux niveaux de sous-sol pouvant contenir 300 places de parking. Côté logements, le promoteur, tenu par la PLU de la ville de Rouen, devra proposer de la « mixité sociale et intergénérationnelle ». Un cahier des charges auquel s'ajoute la « granulométrie » spécifique voulue par la ville qui impose une répartition des logements par taille (25 % de T1/T2, 63 % de T3/T4...) « destinée à faire revenir les familles en centre-ville avec des appartements de grande taille ».
La CCI va déménager au Vauban en 2018
S'agissant du calendrier, le président de la CCI Rouen Métropole Vincent Laudat a déjà annoncé que la Chambre libérerait les lieux en juillet 2018. La CCI prévoit en effet de déménager sur un nouveau site, l'immeuble Le Vauban dans le quartier Luciline. Un ensemble de deux bâtiments (10 000 m² au total) dont la CCI a fait l'acquisition auprès de la Matmut pour 19 millions d'euros. Un site résolument moderne qui cadre mieux avec la volonté de Vincent Laudat de « changer l'image de la CCI ». Plus prosaïquement, l'opération permet à la CCI de se délester d'un bâtiment de 10 000 m² dont elle n'occupait au final que 6 000 m²... Pour s'installer dans un autre bâtiment de 10 000 m² dont 4 000 m² sont déjà en location. Une situation qui offre donc à la CCI des ressources pour les années à venir et qui donne ainsi tout son sens au rachat du Vauban, plaide le président de la CCI. Le chantier du Palais des Consuls devrait pour sa part démarrer dès 2019 pour une livraison en 2021.