Alors que le permis de construire lui a été délivré, Jacques Tricard, directeur général d'Osilub, envisage début 2010 le démarrage des travaux pour sa future usine de récupération et de régénération des huiles moteurs usagées, pour une mise en route à l'été 2011. Une opération dont le montant s'élève à 55millions d'euros.
LeHavre, le choix de la compétence
«Nous avons besoin de 18 mois pour construire l'usine. Pour la réaliser, nous allons travailler avec des entreprises locales. C'est une des raisons du choix duHavre: disposer d'entreprises compétentes dans le domaine de la distillation du pétrole. Nous avons d'ailleurs en cours une étude avec Auxitec», précise Jacques Tricard. Autre nécessité à l'heure du choix, disposer d'une façade maritime au Nord-ouest du pays avec une raffinerie à côté: «LeHavre avait plus d'avantages que Dunkerque pour nous, et après l'échec du dossier à Grand-Quevilly, c'était un gain de temps pour l'étude du dossier par la Drire, étant dans le même département. Et puis ici, nous avons senti une vraie synergie autour du projet». Pour son futur site, le directeur d'Osilub veut faire jouer les synergies: «Nous serons mitoyens de Sogestrol 2 à qui je vais louer des bacs de produits pétroliers. De plus, ce site est équipé pour recevoir des bateaux, des barges et des trains. Il sera donc en mesure de me fournir le personnel et la logistique dont j'ai besoin pour mes transports». Avec une cinquantaine d'emplois à la clé, le nouveau site d'Osilub a des besoins en opérateurs qu'il compte satisfaire en partie avec l'antenne de l'École Nationale supérieure des Pétroles et moteurs de Lillebonne: «Pour le recrutement et la formation».
Des capacités importantes
Une fois réalisée, l'usine pourra traiter 120.000 tonnes d'huiles usagées par an, soit la moitié du marché français et produira 90.000 tonnes d'huiles de base (75% des huiles usagées pourront être réutilisées, le reste sera v alorisé énergétiquement pour une grande part). «La France est déficitaire en terme de capacité de régénération d'huiles. Aujourd'hui, 380.000 tonnes d'huiles sont achetées par an en France et le pays ne dispose que d'une seule usine de retraitement (Eco-huile, également à Lillebonne, Ndlr), là où l'Allemagne, à consommation équivalente, dispose de 6 usines et à l'heure où la nouvelle réglementation européenne stipule que les pays doivent mettre l'accent sur la régénération d'huile». Filiale d'un groupe qui est le premier collecteur d'huiles usagées, Osilub créé avec cette nouvelle usine le maillon complémentaire qui manquait encore au groupe.
Sébastien Colle
Filiale de Veolia Propreté (65%) et de Total (35%), Osilub doit ouvrir en 2011 un site de retraitement des huiles usagées à Gonfreville L'Orcher, après le refus début 2008 de Grand-Quevilly.