À l'occasion de la signature d'un mémoire d'entente, l'Université de Lille 1 et la SAEM du Parc Scientifique de la Haute Borne ont organisé, début juin, une conférence-débat sur le thème de l'Open Innovation. Un sujet qui a réuni durant deux heures une petite centaine de personnes, issues à la fois du monde universitaire et de celui de l'entreprise.
Une ouverture par Sylvain Allano
Organisée en deux temps forts, cette manifestation a été l'occasion pour le public d'écouter, presque religieusement, une conférence donnée par Sylvain Allano, directeur science et technologies futures pour le groupe PSA Peugeot Citroën. Ce dernier a notamment rappelé quelques principes de base autour de l'innovation, comme la différence entre l'innovation incrémentale (une amélioration de l'existant) et celle de rupture (un changement radical de technologie), à laquelle n'est toujours pas parvenu le monde de l'automobile puisque « Depuis Ford, rien n'a vraiment changé : l'automobile c'est toujours une caisse en acier avec une traction avant et un moteur à explosion. Même le moteur électrique n'est pas une innovation, il existe depuis les débuts de l'automobile », explique un Sylvain Allano qui est en charge, aujourd'hui de penser l'automobile du futur pour PSA. Celui-ci a également évoqué une théorie qui a su séduire la salle et qui peut, selon lui, conduire à l'innovation de rupture : " La théorie du bordel ambiant ", décrite dans un livre (paru en 2002) par Roland Moreno, l'inventeur de la carte à puces. Enfin, cette conférence aura montré à l'assistance qu'un groupe comme PSA qui n'avait pas de démarches d'innovation il y a encore cinq ans, dépose aujourd'hui plus de 1.000 brevets par an.
Bref, il n'est jamais trop tard pour innover.
Deux tables rondes lilloises
Deux tables rondes se sont ensuite tenues sur l'open innovation, avec cette fois des acteurs lillois issus du monde de l'entreprise et de la recherche. Isam Shahrour, professeur à l'université de Lille 1 est notamment revenu sur l'importance de l'open innovation dans une société qui a tendance à déposer des brevets à tout va. Il a pris pour cela l'exemple de son projet de ville intelligente et durable, Sunrise. De leur côté Alain Grisval, dirigeant de Citeos (une filiale de Vinci Energies) et Michel Broutin, directeur régional de Vinci Energies, ont montré que l'innovation n'était pas l'apanage de grands groupes, puisqu'ils travaillent eux-mêmes avec des start-up. De son côté, Martin Monperrus, maître de conférence en génie logiciel a souligné le bénéfice des logiciels open source qui peuvent servir aux chercheurs comme aux entrepreneurs. Un propos appuyé par Jean-Yves Warenburgh, responsable RH de la SSII Modis, qui a résolu des difficultés de recrutement grâce à la communauté qui se crée autour de ces logiciels libres : « Cela m'a permis de mettre en place une démarche de cooptation ».
Conférence-Débat En juin, le sujet de l'open innovation a provoqué le débat, à Lille, entre universitaires et entrepreneurs.