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Omia créé une offre reconditionnée pour ses cabines de peinture
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Omia créé une offre reconditionnée pour ses cabines de peinture

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Pour reprendre la main sur une concurrence low-cost étrangère de plus en plus agressive, le fabricant charentais de cabines de peinture Omia sort la carte du reconditionné. Il lance un service de reprise de ses anciennes cabines à destination des carrossiers automobiles, à qui il souhaite proposer une solution moins chère que le neuf mais avec sa propre garantie constructeur.

Stéphane Galichet est arrivé à la tête de la société Omia en 2019, dont Naxicap est depuis 2015 l’actionnaire majoritaire — Photo : Romain Béteille

Professionnaliser un marché qui passait jusqu’à présent essentiellement par la revente entre particuliers. Voilà ce que va faire Omia (210 salariés, 32 M€ de CA), fabricant charentais de cabines de peinture pour professionnels avec sa nouvelle offre de reconditionnement dédiée aux cabines de peinture pour les carrossiers, lancée le 4 décembre depuis son usine de 19 000 m2 à L’Isle d’Espagnac (Charente).

L’industriel, qui fabrique localement pour l’automobile ou des industriels comme Alstom ou Dassault, mise sur son savoir-faire, entièrement internalisé, pour adresser à nouveau un marché de plus en plus concurrencé par des concurrents low-cost, notamment asiatiques.

L’usine de 19 000 mètres carrés d’Omia fabrique, en charente, 5 à 600 nouvelles cabines de peinture par an — Photo : Romain Béteille

Concurrence frontale

Ayant récemment repensé son offre, revendiquée Made in France, autour de deux cabines stars (dont une, la Touring, à moins de 40 000 euros sans option), Omia espère ainsi combler un manque. En 2022, la hausse des matières premières et celle du coût de l’énergie l’ont forcé à augmenter les prix de ses cabines d’environ 20 %. Il a aussi arrêté la fabrication des cabines Helia, moins chères que les actuelles.

"Ça a laissé le champ libre à une concurrence low-cost qui n’est pas Made In France, ne respecte pas les normes et dont la qualité des produits est discutable", explique Stéphane Galichet, PDG d’Omia. "Jusqu’à présent, ce marché de reprise se gérait sur Le Bon Coin ou par du relationnel". Le parc installé se compte en milliers, Omia a livré tous secteurs confondus plus de 25 000 cabines depuis 1968 et en fabrique cinq à six cents neuves par an, à 60 % pour des TPE et PME.

"On concurrence le low-cost, certes neuf, mais avec du Made In France robuste".

Nouveaux contrats

La PME va racheter les anciennes cabines — dont le montant de reprise sera basé sur la vétusté et le prix du marché — via une option dans les contrats d’achat d’un équipement neuf. Elle se propose de la remettre en état et sur le marché, à un prix évidemment inférieur, via une marketplace dédiée. "On concurrence le low-cost, certes neuf, mais avec du Made In France robuste", ajoute le dirigeant. Trois contrats de ce type sont déjà en attente de signature.

La société n’aura pas besoin de reconstruire une seconde usine ou d’agrandir ses murs : elle compte sur ses salariés et la demande, forte, pour faire tourner cette nouvelle activité. "On va valoriser tout ce qu’on a déjà pu expérimenter sur le rétrofit des cabines et le remplacement de composants. Et si demain on perd des parts de marché, cette activité assurera de la charge pour l’usine", continue le PDG, pragmatique. La logistique de l’industriel est déjà rodée, et la revente centralisée.

Environ un tiers du chiffre d’affaires d’Omia (32 M€) est porté par le secteur de l’automobile — Photo : Romain Béteille

Les cabines reconditionnées bénéficieront d’une garantie constructeur d’un an — une première dans ce secteur de niche — et celles qui sont trop anciennes pour l’être seront détruites "via des accords nationaux avec des recycleurs de métaux". La PME charentaise ne s’interdit pas d’adapter sa stratégie et de se tourner vers la location longue durée de cabines si le succès de l’offre de reconditionnement est au rendez-vous.

10 %

Origin pourrait aussi lui servir à doper sa stratégie de conquête à l’export, où la société réalise déjà 10 % de son chiffre d’affaires, une part qu’elle souhaite doubler dans les prochaines années. Elle cible notamment des pays comme l’Allemagne, où elle renforce son implantation, ou le continent Africain.

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