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Odyssée Environnement continue de renforcer son réseau mondial
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Odyssée Environnement continue de renforcer son réseau mondial

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Odyssée Environnement poursuit son développement à l’international. Après la création d’une filiale aux États-Unis, en 2024, et un lancement commercial de ses solutions en Chine cet été, la société sarthoise qui met au point des solutions de traitement des eaux industrielles, vient d’en ouvrir une nouvelle au Brésil.

Laurent Ballu, président de la société mancelle Odyssée Environnement — Photo : DR

Clôturé fin septembre 2025, le chiffre d’affaires d’Odyssée Environnement s’élève à 15,8 millions d’euros, pour une centaine de salariés. En plus du conseil en ingénierie, la PME met au point des solutions de traitement des eaux industrielles. Son unique site de fabrication est à Requeil, près du Mans. C’est de là que l’entreprise exporte la moitié de sa production, depuis 2024. Prochainement, la proportion devrait pencher davantage en faveur de ses activités à l’international.

La moitié de l’activité à l’étranger

En 2024, Odyssée Environnement a créé une filiale aux États-Unis. La société sarthoise avait dans le même temps revendu sa filiale au Mexique à son principal distributeur. D’autres filiales étaient déjà été implantées au Chili, en Belgique pour couvrir le Benelux, ainsi qu’en Pologne, où la société possède une joint-venture avec un distributeur local de matériel, Epuro Polska. Ses produits sont vendus dans une trentaine de pays, y compris sur le continent africain, auprès de 8 000 clients.

Une nouvelle filiale au Brésil

En octobre, Odyssée Environnement a ouvert une nouvelle filiale au Brésil. Basée à Sao Paulo, Odyssée Brasil vise un marché industriel important (agroalimentaire, pétrochimie, textile…). "Le responsable est un franco-brésilien déjà spécialiste de ces problématiques et de nos produits", précise Laurent Ballu, le président de la société sarthoise.

Démarrage en Chine

Cet été déjà, l’entreprise a lancé la commercialisation de ses produits en Chine. "Un potentiel énorme", voit Laurent Ballu. "Cela peut paraître étonnant, vu de l’Occident, mais il y a une réelle prise en compte de l’État chinois des recherches de solutions sur les questions de la qualité de l’eau. C’est lié à la hausse de la production industrielle mais aussi à l’augmentation de la consommation des citoyens, qui utilisent davantage de produits dans les lave-vaisselle, par exemple."

La distribution s’effectue de manière très différente que celle d’autres pays, confie le dirigeant sarthois : "On ne sait pas où vont précisément nos produits, à qui ils servent. Il y a une forte culture du secret en Chine."

Un nouveau process pour concentrer les volumes

L’entreprise envisage néanmoins de développer en Chine des centres de "blendage", sans risquer l’espionnage industriel. "Copier en chimie est beaucoup plus complexe que dans la manufacture ou l’électronique, par exemple. Il est très difficile de retracer la formulation d’un produit, si on ne connaît pas les composants, surtout lorsqu’ils proviennent de source végétale", rassure le dirigeant.

Le "blendage" consiste à réaliser un dernier mélange pour finaliser un produit. 80 % de la formulation — celle dont dépend la spécificité et l’efficacité d’un produit — est expédiée sous forme concentrée depuis la Sarthe. Ne reste qu’à ajouter des adjuvants et mixer pour reproduire la recette mise au point par Odyssée Environnement. Ce type d’opération peut être réalisé chez un distributeur local.

"Nous sommes les seuls sur le marché à être parvenus à faire cela sur ce type de produits, affirme Laurent Ballu. Aux États-Unis, cela nous permet également d’être estampillés made in USA, ce qui est un avantage là-bas, surtout en ce moment…" L’entreprise concentre ses solutions exportées principalement afin de réduire les volumes liquides transportés, et donc les coûts à l’arrivée, dans l’optique de développer ses ventes dans les zones lointaines.

Un anti-tartre unique non pétrosourcé

Ce procédé pourrait par exemple permettre d’exporter plus facilement son anti-tartre Odylife. En 2026, ce produit conçu à base d’extraits de végétaux remplacera l’ensemble de la gamme actuelle à base de substances pétrosourcées. Ce sera le cas pour le marché français. À l’étranger, "ce sera au choix des clients et distributeurs, on ne peut pas imposer de remplacer un produit pétrosourcé qui fonctionne", souligne Laurent Ballu. "La culture d’une entreprise ou d’un pays fait que les ventes d’Odylife prendront ou non."

Présentation du procédé Odylife à la Grande Exposition du Fabriqué en France 2025. Les solutions anti-tartre génèrent 30 % de l’activité d’Odyssée Environnement — Photo : Odyssée Environnement

Là encore, la surprise vient des acteurs en Chine. "Nous avons découvert des gens très ouverts sur le sujet, pour remplacer les phosphonates, beaucoup plus qu’aux États-Unis", raconte le dirigeant sarthois.

Au pays de l’or noir

Odyssée Environnement n’a pas fini de sillonner le monde. La prochaine aventure pourrait aboutir au Moyen-Orient. "Nous avons de gros clients là-bas dans la pétrochimie ou encore les emballages plastiques. Le refroidissement des installations se fait à l’eau de mer. Il y a donc une forte corrosion dans les canalisations, explique Laurent Ballu. Nous avons déjà un distributeur mais nous pourrions y créer notre prochaine filiale." Toutefois, "la priorité est de consolider le marché américain", insiste le président, et de développer le nouveau marché chinois.

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