À Laval, Numains veut déménager son data center. Actuellement en refroidissement à air, il passera en système immersion cooling: ce système où les serveurs sont immergés dans un bain d'huile est développé par l’entreprise sous la marque Hyperion.
Ces serveurs, plus économes en énergie, seront installés dans les sous-sols du campus actuel de la CCI Mayenne, situé dans la technopole. Cette opération est inscrite au plan d'investissement de l'entreprise qui a fait l’objet d’une levée de fonds de 1,5 million d’euros.
En Mayenne, il s’agira de la deuxième installation des serveurs immergés Hyperion, après la vente d’une unité à la Communauté de communes de l’Ernée. Pour Numains, le data center servira à la fois au stockage de ses propres données et à celles de clients.
Un support d’apprentissage unique
La chambre va profiter des équipements de son nouveau locataire à plus d’un titre. Ces serveurs vont servir de support de formations mises en place par la CCI et son Institut d’informatique appliquée. Un partenariat est noué avec le groupe Numains : "Nous allons créer le premier centre de formation de France sur les data centers en immersion cooling", annonce Nicolas Boulinguiez, dirigeant du groupe Numains.
Le public pourrait aller de techniciens à des étudiants dans les secteurs touchant à l’intelligence artificielle. "L’idée serait d’avoir deux cycles de formation par an, d’une durée d’une semaine, à raison de huit à dix participants à chaque fois." Ce sont des salariés de l’entreprise qui devraient être en charge de l’enseignement.
Au total, en plus d’Hyperion, société qui développe les serveurs immergés, le groupe Numains emploie une quarantaine de personnes dans trois entités dédiées au conseil et à la gestion des solutions informatiques et de télécommunications. Chacune correspond à des métiers spécifiques et à une implantation géographique : MCT à Laval, Delta à Vannes (Morbihan) et Netzschmiede à Düsseldorf (Allemagne). Selon son dirigeant, "le chiffre d’affaires en 2024, non consolidé à ce jour, se situe autour de 5,6 millions d’euros".
Deux formations sur la cyber résilience
Ce partenariat entre le spécialiste des datas et la chambre va déboucher sur deux autres formations, axées sur la résilience des systèmes de stockage de données. La plus approfondie sera orientée vers les techniciens informatiques et ingénieurs, salariés de collectivité ou d’entreprises du territoire.
"Il y a finalement peu de réelles formations qui existent sur la gestion des plans de continuité ou de sinistres en entreprise", constate Nicolas Boulinguiez. Comprendre ici les PCI, pour la sauvegarde des données, et PRI, pour s’assurer du redémarrage des systèmes informatiques après un incident. Ces plans permettent de veiller à protéger les systèmes en place et des données stratégiques.
Moins grave, ce sont aussi des dizaines d’heures de travail qui peuvent être perdues lors d’une cyberattaque, d’un sinistre dans un bâtiment, d’une panne ou d’un simple déménagement. Des protocoles permettent de s’en prémunir. "L’avantage d’avoir des serveurs sur place, c’est que l’on pourra simuler des situations de crash", se projette Nicolas Boulinguiez.
Cette formation qualifiante pourrait démarrer à la fin de l’année 2025. "Avec les remises à niveau continues, en raison de l’évolution rapide des technologies, nous pourrions former au total une centaine de techniciens et ingénieurs par an", envisage le dirigeant. Tous types de clients pourraient inscrire leurs équipes, des ETI industrielles aux agences du tertiaire.
Une offre pour les dirigeants
Cette offre de formation sur la cyber résilience sera adaptée aux dirigeants. Il s’agira dans un premier temps de sensibilisation, "sur une ou deux journée", puis de perfectionnement les années suivantes, si les participants en font la demande. "Nous visons là les chefs d’entreprise, les comex et les codir, explique Nicolas Boulinguiez. Auprès de nos clients, nous nous rendons compte que les plans de résilience des systèmes informatiques ne sont pas toujours mis en place, ni connus ou maîtrisés. Et surtout, ils ne sont jamais testés. Pourtant, c’est essentiel pour préserver les données d’une entreprise ou éviter de perdre des heures de travail."
Hyperion va aussi chauffer le campus
Une autre installation fera le lien entre l’actuel bâtiment du campus et celui qui sera construit à côté. "Nous allons aussi fournir de la calorie au futur bâtiment du campus de la CCI. Nous allons récupérer la chaleur fatale de notre data center pour fournir 200 kW au réseau de chaleur", indique le dirigeant de Numains.
Le transfert des serveurs Hyperion se fera à partir de la fin 2025, avec une montée en charge sur plusieurs mois. Cette phase de transition sera calée sur le planning de chantier d’extension du campus de la CCI, dont les travaux vont commencer en 2025. L’objectif est l’intégration de 550 alternants et personnes en formation continue. La CCI y regroupera l’ensemble de ses activités formation, dont son Institut d’informatique appliquée.
Le calendrier s’allonge mais des idées avancent
La rentrée sur le futur campus prévue au départ en 2026 pourrait ne se faire qu’à l’été 2027, confie le directeur de la CCI Mayenne, Cyrille Laheurte. "Actuellement, nous avons encore cinq lots sur dix-neuf à attribuer, faute de candidats aux appels d’offres." Le prévisionnel va donc être allongé et la fin des travaux repoussée.