Près de Nancy, les travaux du chantier Novasteam devraient s’achever début 2026, pour un démarrage des essais et tests au second semestre 2026 permettant le lancement de l’activité de la centrale dans la foulée. Le projet, qui accuse un léger retard, représente 165 000 heures travaillées depuis son lancement, et 140 millions d’euros d’investissement. "Nous venons de terminer la plus grosse étape, c’est-à-dire l’arrivée des principaux équipements sur site. Ils sont maintenant en train d’être installés", décrit Morgan Moriceau, responsable de développement des projets CSR chez Suez.
Alimentée par des combustibles solides de récupération (CSR) issus de déchetteries, d’industriels ou de refus de tri, la centrale Novasteam est construite et exploitée par le groupe Suez (CA : 9,2 Md€ ; 40 000 salariés), qui porte 70 % de l’investissement. Les 30 % restants sont engagés par la Banque des Territoires. Novasteam bénéficie également de subventions venant de la Région Grand Est et de l’Ademe. L’objectif du projet est de mettre définitivement fin à l’usage du charbon sur le site voisin de la soudière Novacarb, filiale du groupe Humens (CA : 250 M€ ; 400 salariés). "Le projet est conçu et dimensionné pour les besoins de Novacarb", lance Morgan Moriceau.
Valoriser des déchets régionaux
Jusqu’à 180 personnes sont actuellement mobilisées sur la phase de chantier, pour faire sortir de terre le projet. Dans un premier temps, les CSR (dont près de 90 % proviendront du Grand Est) seront produits sur place (70 000 tonnes par an) ou amenés par des partenaires (50 000 tonnes par an). Les combustibles sont en effet broyés, avant d’être triés par un processus automatisé, dans l’objectif d’enlever les gravats et le plâtre notamment. Les CSR seront ensuite acheminés vers la chaudière CSR, d’une capacité de 55 MW. Cette dernière est en cours d’installation. Entre 110 000 et 130 000 tonnes de CSR entreront dans la chaudière tous les ans, pour livrer 370 GWh par an à Novacarb. Le site dispose par ailleurs d’une chaudière de secours d’une capacité de 50 MW, fonctionnant au gaz. D’un poids de 165 tonnes, cette dernière s’était renversée lors de sa livraison, mais n’a pas été abîmée dans l’incident.
Enfin, l’entreprise effectuera un traitement des fumées, dans l’objectif de capter les polluants et les métaux lourds. Concernant l’élimination des PFAS (polluants éternels) qui peuvent être présents dans certains déchets, "toutes les unités de valorisation énergétique vont avoir à mener des campagnes d’analyse et de prévention des PFAS. Mais nous ne pensons pas en rejeter, car ceux qui seraient présents seront éliminés par la montée en température de la chaudière", estime Emmanuel Heckel, coordinateur du chantier Novasteam.
40 créations de poste
Une fois le chantier terminé, Novasteam devrait employer une quarantaine de collaborateurs. Nicolas Murtin, ancien responsable de l’usine d’incinération de Rambervillers (Vosges) pour Suez, en sera le futur responsable d’exploitation.
Des projets CSR qui se multiplient
"Suez mène d’autres chantiers comparables en France", poursuit Morgan Moriceau. Le groupe porte en parallèle la construction d’une chaufferie CSR-Biomasse (Biosynergy) d’une capacité de 100 000 tonnes en Seine-Maritime, et la construction d’une chaufferie CSR (Oristeam) d’une capacité de 140 000 tonnes dans l’Aisne. "Le projet Novasteam s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de sortie du charbon et de la volonté de développer des filières locales de valorisation énergétique", explique Suez.