«J'étais aux sports d'hiver quand mon associé Gilles Tanguy m'a téléphoné. ?T'es bien assis? m'a t-il demandé. Tout a brûlé?... C'était un samedi, fin mars2009, il y a deux ans. Dès le dimanche j'étais dans l'avion pour découvrir le bâtiment écroulé.Absolument rien n'était récupérable, pas même un taille-crayon... Ça fout un choc. Le plus dur, c'est de ne pas avoir été là. Et pourtant, je prends rarement des vacances... Tout est parti d'une voiture abandonnée sur le parking, à côté de l'entreprise, rue Jurien de la Gravière, sur le port de commerce. Quelqu'un y a mis le feu. Assez rapidement, on s'est dit, ?ce n'est pas possible, on ne va pas en rester là...? Je pense que la première chose à faire, c'est de rassurer sa famille. À deux aussi, c'est plus facile. On s'épaule, quand l'un flanche. Notre passé d'athlète de haut niveau nous a aidés. On a été habitué à se prendre des raclés parfois imprévisibles et sans raison, et à savoir rebondir.
Décaler les échéances de TVA
Ensuite, on s'est rendu compte que beaucoup de monde était prêt à nous aider. Un copain nous a prêté un local. Gilles a ensuite prévenu nos clients, on avait un carnet de commandes plein... Certains ont accepté de différer pour attendre le rachat des machines. Ce n'est pas un petit montant: de l'ordre de 245K€. Moi je me suis chargé de rassurer les fournisseurs. Heureusement, nous n'avions que 30.000 € de créance. Le plus gros du stock était payé. Les gens ont bien voulu nous faire confiance. On a aussi réussi à décaler des échéances de l'impôt des sociétés et de TVA. Ensuite on s'est tourné vers le Conseil régional pour une avance de trésorerie, un prêt à taux zéro, avec facilités sur les échéances. Un dossier monté avec la CCI. Le maire de Brest a mis notre dossier sur le haut de la pile pour que nous puissions nous installer au pied de l'immeuble Grand Large. Le but du jeu, c'était d'aller très vite. Coup de bol: avant de brûler, nous avions livré un très gros client et nos magasins.
Assurance: «Un truc de fou»
Il a fallu gérer les assurances. Un truc de fou. Entre l'expert de l'assurance et de l'assuré, il y a eu une vraie bataille. L'assurance voulait nous faire rapidement un chèque, quitte à ce qu'on arrête complètement l'activité. Mais nous, on n'était pas d'accord. Elle cherchait à minimiser notre carnet de commandes. Il a fallu refaire toute la compta... Le plus dur à quantifier, c'est la perte d'exploitation. On était les propres fournisseurs de nos magasins et l'assurance ne voulait pas en tenir compte. Il a fallu se battre. On a obtenu 265 K€. Mais le dossier n'est pas encore soldé. On a perdu de l'argent. Mais a posteriori, je me dis que cet arrêt brutal nous a aussi servis. Nous en avons profité pour remettre à plat toute la stratégie. Depuis, nous avons développé le concept des Celtic Punisher's et lancé une démarche d'exportation sur l'Irlande. Enfin, nous avons décidé de décliner, en dehors du surf et de la planche, le concept de la marque. Breizh Punisher's est ainsi partenaire de l'équipe Bretagne Schuller en cyclisme.»
Breizh Punisher's
(Brest) Gérants: C.Beal et G.Tanguy 6 salariés 1M€ de chiffre d'affaires 02 98 80 53 72