Au fond du parc d’activité Arôma Grasse, le Sis (CA : 14 M€) s’agrandit. Sur plusieurs niveaux, le bâtiment en construction de presque 700 m2, jouxtant le siège de 1 000 m2, devrait être livré avant l’été.
Seule entreprise du parc à ne pas œuvrer dans la filière arômes et parfums, elle est spécialisée dans le sauvetage après sinistre. Pour accompagner sa croissance, elle avait déjà dû étendre l’an dernier son agence de Solliès-Pont, près de Toulon dans le Var, pour passer de 800 à 1 300 m2. Au total, ces deux chantiers représentent un investissement de près d’1,5 million d’euros et illustrent bien l’évolution du groupe grassois qui compte aujourd’hui 100 collaborateurs.
Sauver ce qui peut l’être
Quand Michel Blasi fonde le Sis en 2004, il a dans ses bagages 10 ans d’expérience dans un grand groupe expert des solutions après-sinistre dont il a été directeur régional. "Chez des particuliers ou dans une entreprise, nous intervenons pour dépolluer et tenter de sauver le plus de choses possibles, explique le dirigeant. Nous sommes là pour faire le tri entre ce qui est économiquement sauvable et ce qui ne l’est pas. Le sauvetage comprend la décontamination, c’est-à-dire l’élimination de la suie ou des boues, mais aussi l’assèchement puisqu’après un incendie tout est mouillé. Nous sommes là aussi pour stopper le processus de corrosion qui se met en route. Une fois que tout est décontaminé, nous traitons les odeurs."
De l’innovation "servicielle"
Bien au-delà donc d’un simple nettoyage post-dégât des eaux, incendie ou pollution, le cœur de métier du Sis requiert une expertise très pointue. Que Michel Blasi décide d’étendre encore dès 2009 en créant le Sis Réno (travaux après dépollution), puis le Sis Airtech en 2011 (hygiène de l’air, intervention sur les réseaux de ventilation), le Sis Détox en 2014 (désamiantage), et enfin, en 2021, le Sis Netpress (pressing) : le linge des sinistrés est ainsi lavé, séché, repassé, emballé et livré. "Nous avons toujours été dans une logique de service client premium, avec toujours la quête d’un niveau de service optimal pour apporter à nos clients plus de réactivité et une meilleure qualité, avec un accompagnement du début à la fin. C’est vraiment l’ADN du groupe."
En créant ces filiales et ces marques distinctes, le Sis se distingue aussi face aux grands groupes qui dominent le marché. "Pour pouvoir perdurer et rester dans la course, il a fallu faire preuve d’innovation servicielle et garder une plus-value. C’est un métier très concurrentiel, il a fallu boxer, se battre car les barrières à l’entrée sont très importantes. Ne serait-ce que des barrières de BFR (besoin en fonds de roulement, NDLR), les délais de paiement étant très longs car il nous faut attendre la clôture du rapport d’expertise."
5 agences dans le Sud
Dont acte. Non seulement Michel Blasi a étoffé son offre mais il a aussi étendu son terrain de jeu au-delà des Alpes-Maritimes pour atteindre une taille critique, s’implantant dès 2007 à La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, près de Toulon dans le Var, à Bastia ainsi qu’à Montpellier. Et depuis février 2025, en plus de ces cinq agences, le Sis est présent à Monaco, avec une entreprise à part entière baptisée Sanisfaction, "la première entreprise de solutions après-sinistre en Principauté, souligne le dirigeant. Nous intervenions déjà à Monaco mais certains de nos partenaires étaient demandeurs de plus de proximité."
Une remise à plat avant 2026
Pour autant, alors que les risques climatiques augmentent et avec eux la "courbe de sinistralité" promettant toujours plus d’activité, la concurrence se fait toujours plus rude. Face à elle, Michel Blasi a ainsi décidé de faire de 2025 "une année de transition" et de "stopper le développement". Étonnant dans la bouche d’un patron qui n’a cessé de créer et d’armer son entreprise toujours plus et toujours mieux.
Mais il ne s’agit en fait que d’une pause avant de repartir plus fort encore. Le Sis va en effet mettre à profit ce temps pour "revoir totalement sa digitalisation, en intégrant un peu d’intelligence artificielle. Nous allons automatiser tout ce qui peut l’être afin de gagner en efficacité et de conserver la disponibilité des cerveaux humains pour les tâches à forte valeur ajoutée. Nous allons totalement revoir notre système d’information, nos process. Nous sommes en train de déployer notre solution. L’objectif est de revisiter complètement l’organisation du groupe pour le caper et repartir en croissance à compter de 2026."
Le groupe prévoit ainsi de recruter un directeur des opérations pour accompagner cette évolution.