Depuis septembre 2024, vous formez des aides soignants au sein de vos établissements via la Valorisation des Acquis de l’Expérience (VAE) inversée. Pourquoi expérimentez-vous ce nouveau dispositif ?
Le groupe LNA Santé (794 M€ de CA) emploie 9 000 professionnels au sein de 86 établissements (cliniques de chirurgie, de réadaptation, de santé mentale, maisons de retraite médicalisées, crèches…). Ces métiers de soin exigent un savoir-faire relationnel : une compétence qui s’apprend et s’entretient. Mais, nous rencontrons des difficultés à pourvoir ces postes qui ne sont pas valorisés, dans un secteur de la santé en tension. Par ailleurs, les méthodes traditionnelles pour former des personnes en reconversion ne répondent plus aux enjeux, car trop universitaires. Nous avons donc cherché à être inventifs. Plutôt que de recruter à l’extérieur, nous avons choisi de former, sur leur lieu de travail, des auxiliaires de vie, des agents de services ou encore des serveurs travaillant déjà chez LNA Santé au diplôme d’aide-soignant, via le dispositif de VAE inversée.
Comment la VAE inversée fonctionne-t-elle concrètement ?
Ce dispositif expérimental peut être mobilisé jusqu’en 2026. Nous l’avons déployé en partenariat avec Compani, un centre de formation des établissements médico-sociaux dont l’approche pédagogique est fondée sur les réalités du terrain. Le parcours de formation se déroule sur 21 mois. Il associe, pendant 18 mois, une formation en situation de travail au métier d’aide-soignant, des apports théoriques et un accompagnement renforcé par un tuteur au sein de l’entreprise et des coachs de la société Compani. L’examen pour la VAE est ensuite préparé sur trois mois. Cet encadrement, le caractère très concret de la formation, sur son lieu de travail, entouré de ses collègues, permet de lever beaucoup des freins qui découragent souvent les candidats à la VAE traditionnelle. La possibilité d’entrer dans le dispositif à tout moment de l’année, ainsi que le financement du dispositif par l’OPCO Santé, sous la forme d’un contrat de professionnalisation, contribuent à l’attrait à ce dispositif.
Quels premiers retours avez-vous de cette formation ?
35 salariés, issus de 13 de nos établissements, ont déjà intégré le dispositif et une dizaine de nouveaux candidats pourrait les rejoindre dans les semaines à venir. Les premiers diplômés sont attendus au printemps. C’est une façon pour nous RH d’apporter notre pierre à l’édifice pour recruter et rendre les conditions de travail au sein de nos établissements plus attrayantes. Nos métiers du soin ont du sens et nous aimons faire un pas de côté pour les mettre en valeur. Nous avons ainsi partagé notre vision du soin à travers des films documentaires. Le dernier, "Esprits libres", prend racine dans l’expérience d’une résidence théâtrale. Menée en 2022, elle a réuni, pendant deux semaines dans un manoir en Bretagne, des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer résidant en Ehpad, des artistes et des soignants, parfois accompagnés de leur famille. Dans cet environnement ouvert et bienveillant, le soin prend une nouvelle dimension, loin des codes traditionnels. L’aptitude à la joie est importante dans nos établissements.