C
omment comptez-vous contribuer au développement des entreprises bordelaises ? L'aide aux entreprises se résume à l'allégement des cotisations sociales et de la fiscalité des grands groupes. Cela affaiblit nos systèmes de retraite et de sécurité sociale et fragilise les collectivités locales qui perçoivent moins d'impôts. En contrepartie de ces aides, ces grands groupes n'ont pas allégé la pression qu'ils exercent sur leurs sous-traitants, les salaires, les conditions de travail. Cette politique est injuste et inefficace. Si un projet est social, écologique, bon économiquement, il doit pouvoir être allégé en charges bancaires. Nous sommes aussi des défenseurs de l'emploi industriel. Notre agglomération ne peut baser son développement que sur le tourisme et les services. Nous avons insisté pour que les Bassins à flot gardent sa vocation industrielle. Sur l'activité de réparation navale qui pourrait s'installer à Bacalan, Alain Juppé nous a entendus. Mais beaucoup de temps a été perdu.
Que proposez-vous pour améliorer les déplacements dans la ville ?
En transport de personnes, la ligne de ceinture ferroviaire qui entoure notre agglomération doit être bouclée sur le pont Bacalan-Bastide. C'est un véritable RER d'agglomération qui peut voir le jour, connecté au réseau de TER et au tramway. Ce dossier avance : la Cub et la Région ont commandé des études. Pour les transports de marchandises sur notre agglomération, trop de temps a été perdu. Quel gâchis de repenser les alentours de la gare Saint-Jean sans repenser l'utilisation du fleuve et du rail. La proximité du Marché d'intérêt national (MIN) avec la Garonne aurait dû être mise à profit pour l'alimenter par voie fluviale. Pour le rail, il faut penser un réseau d'agglomération à partir de la gare d'Hourcade et pourquoi pas utiliser le réseau de tram aux horaires de nuit.
Comment allez-vous développer l'attractivité de Bordeaux afin d'attirer les entreprises ?
L'arrivée de la LGV est considérée comme une aubaine pour développer des grands centres d'affaires. Lyon, Grenoble... Tous ont leur Euratlantique. Parler d'attractivité sur les sièges sociaux, c'est réduire son ambition à une concurrence vaine entre grandes villes françaises. 75 % des emplois prévus sur Euratlantique seront endogènes, déjà existants sur la Cub. Et dans les 25 % restant, on compte la fusion des Caisses d'épargne qui va puiser ses emplois en Poitou-Charentes. C'est une vision très restrictive du dynamisme de Bordeaux. Certes, les emplois du tertiaire peuvent se développer. Mais à côté, des quartiers comme celui de la gare ont des potentialités industrielles importantes. Une voie à explorer.
VINCENT MAURIN Selon le candidat du Front de gauche, Bordeaux ne peut se développer seulement avec le tourisme