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"Nous cherchons à lever 45 millions d’euros pour extraire les métaux toxiques du corps"
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Thomas Brichart président de MexBrain "Nous cherchons à lever 45 millions d’euros pour extraire les métaux toxiques du corps"

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Spin-off de l’Université Lyon 1, MexBrain a développé une solution permettant d’extraire les métaux toxiques du corps. Fort de 10 collaborateurs, elle cherche à lever entre 30 et 45 millions d’euros afin de mener des essais pivots prouvant l’efficacité de son dispositif médical.

Thomas Brichart, président de MexBrain — Photo : DR

Vous avez annoncé vouloir lever entre 30 et 45 millions d’euros. Quel est le calendrier précis de cette opération ?

Nous souhaitons finaliser cette levée d’ici la fin du premier trimestre 2026. Cette enveloppe nous permettrait de réaliser 2 à 3 essais cliniques à la fois en Europe et aux États-Unis. Nous avons une grande flexibilité du programme due à la multiplicité des axes que nous développons. En se concentrant sur un seul essai clinique nous pourrions avancer dans notre développement avec une levée de 15 millions d’euros. Nous pensons cependant que la plus grande valeur serait créée en développant plusieurs programmes en simultané.

Quel sera l’usage principal des fonds levés ?

Les deux tiers environ de la levée sont destinés à la recherche clinique. Le tiers restant nous permet de financer l’équipe et la production du produit. À ce jour, les démarches réglementaires pèseraient pour moins d’un million d’euros sur la totalité de la levée.

Quelle part de cette levée est-elle destinée à des essais pivots en propre et quelle part pourrait-elle faire l’objet de partenariats ou co-développement ?

Avec une levée de cette taille, nous pourrions réaliser l’ensemble de nos essais pivots (études cliniques majeures ayant pour objectif de démontrer l’efficacité et la sécurité d’un traitement chez des patients afin de soumettre une demande d’autorisation de mise sur le marché, NDLR) en propre. Dans le cas où le montant levé serait moindre, il nous serait alors nécessaire de réaliser des partenariats pour permettre la réalisation de notre programme complet.

Vous menez actuellement plusieurs essais pilotes/cliniques. Pouvez-vous nous en parler ?

Nous avons actuellement deux essais cliniques en cours, le premier sur la maladie de Wilson, une maladie rare. Cet essai se déroule à la fois à Lyon et à Barcelone mais le recrutement est difficile et nous n’avons pour le moment recruté qu’un seul patient. Notre second essai clinique se déroule à Lyon, Montpellier et Rennes. Nous avons d’ores et déjà recruté 7 patients dans cette deuxième étude. Nous avons aussi un essai clinique qui vient d’être autorisé par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, pour le traitement de patients atteints de syndrome myelodysplasique. Cet essai qui se déroulera à Lyon débutera en septembre. Enfin, nous attendons l’autorisation d’un essai sur des patients sepsis (au système immunitaire affaibli, NDLR) qui se déroulera au CHU de Nîmes. Nous espérons obtenir l’autorisation d’ici la fin du mois de juin.

Avez-vous identifié des marchés cibles ?

Nous sommes aujourd’hui principalement à la recherche d’investisseurs européens. Nos marchés sont à la fois européens et américains, mais nous sommes convaincus que notre levée doit commencer par l’Europe.

À quelle échéance la rentabilité de MexBrain est-elle attendue ?

L’objectif actuel n’est pas nécessairement d’atteindre la rentabilité mais de permettre d’attirer un acquéreur qui pourra se charger de la commercialisation.

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