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"Notre objectif est de susciter des vocations chez les femmes dans l'agroalimentaire"
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Entretien avec Céline Nicora initiatrice de la délégation alsacienne des Femmes de l’Agro "Notre objectif est de susciter des vocations chez les femmes dans l'agroalimentaire"

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Né l’an dernier, le club national des Femmes de l’Agro compte désormais sa première délégation régionale en Alsace. Entretien avec Céline Nicora, responsable des relations extérieures pour Brasseries Kronenbourg, à l’initiative de ce collectif qui vise à libérer la parole féminine au sein des entreprises agroalimentaires.

Céline Nicora, responsable des relations extérieures pour Brasseries Kronenbourg et porte-parole de la délégation alsacienne des Femmes de l’Agro — Photo : Nils Bronner

Qui compose la délégation alsacienne des Femmes de l’Agro ?

On est une quinzaine de femmes plus ou moins issues de postes à responsabilité dans les entreprises agroalimentaires alsaciennes. On se réunit une fois par mois mais il n’y a pas de structure à proprement parler puisque nous sommes juste un collectif. Pour cette première année, on cherche à recruter des femmes via des "parrainages" par l’une d’entre nous. Par la suite, on prévoit d’ouvrir le cercle à des femmes qui travaillent au service de ce secteur d’activité notamment pour des prestataires. Cette première année sera une année de communication pour faire connaître le club et transmettre nos ambitions. Tout cela découle de la création, l’an dernier, du club national "Les Femmes de l’Agro". Aujourd’hui, l’Alsace ouvre la voie puisqu’on est la première branche régionale de ce club, qui est parrainée par Sébastien Muller, vice-président de l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) et président de l’antenne régionale (ARIA) en Alsace, et qui est le seul homme parmi nous.

"Ce n’est absolument pas un club féministe"

L’idée étant d’être également suivi par d’autres régions de France. La Bretagne nous a ainsi déjà fait part de son intérêt pour avoir un club similaire.

Quels sont les objectifs de votre collectif ?

L’objectif premier est de valoriser les métiers au sein de la filière agroalimentaire à destination des autres femmes et des nouvelles générations afin de susciter des vocations. L’idée étant ensuite de nous structurer en vue de faire du mentorat pour aider les jeunes filles à prendre connaissance des différents parcours possibles dans l’agroalimentaire afin de donner envie. Je précise que ce n’est absolument pas un club féministe.

Qu’est-ce qui vous a conduit à créer cette délégation régionale des Femmes de l’Agro ?

J’ai lancé cette démarche au travers de mon réseau. Par mes différentes missions et mandats au sein de l’ARIA Alsace, je me suis rendu compte que j’étais quand même pas mal entourée de femmes. Malgré cela, j’ai constaté que les prises de parole restaient essentiellement masculines. Et je ne suis pas la seule à partager cet avis.

Pourtant la part des femmes représente déjà presque la moitié des effectifs du secteur agroalimentaire à l’échelle régionale…

Oui mais ce n’est pas le cas en termes de prises de paroles. Celles-ci sont majoritairement masculines bien que nous soyons très nombreuses dans les entreprises. Nous restons malheureusement dans l’ombre lors des événements comme les inaugurations, les conférences, les tables rondes…

Quelles seront vos premières actions ?

Recruter pour que nous soyons plus nombreuses et avec des profils plus variés. Actuellement, nous sommes une majorité de femmes issues des services marketing et communication de nos organisations et nous recherchons des femmes travaillant en production. On va également se rapprocher du groupe Merck France (dont le siège du géant pharmaceutique allemand est situé à Molsheim dans le Bas-Rhin avec plus de 2 300 salariés, N.D.L.R.) qui a déjà un club féminin dans le but de partager de bonnes pratiques. On souhaiterait aussi communiquer à des moments et sur des sujets où on ne nous attend pas forcément. En tout cas, on ne prendra jamais la parole si on n’a rien à dire.

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