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Norimat investit 10 millions d’euros dans sa première usine à Toulouse
Toulouse # Industrie # Investissement industriel

Norimat investit 10 millions d’euros dans sa première usine à Toulouse

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La deeptech toulousaine Norimat, qui produit des pièces de haute qualité à partir de sa technologie brevetée, entre en phase d’industrialisation. Déjà ancrée dans le secteur du luxe, elle élargit le spectre de ses clients aux domaines de l’aéronautique, du spatial, de la défense et de l’énergie.

Yannick Beynet (à gauche) et Romain Epherre ont cofondé Norimat en 2016 à Toulouse — Photo : Norimat

La start-up Norimat (22 collaborateurs, CA non communiqué) a emménagé à l’été 2024 dans ses nouveaux locaux à Toulouse, un bâtiment de 1 200 m2 dont elle est locataire, et dans lequel elle installe sa première usine. L’entreprise créée en 2016 par Romain Epherre et Yannick Beynet, deux anciens chercheurs du Cirimat (Centre interuniversitaire de recherche et d’ingénierie des matériaux de l’Université Paul Sabatier), va y accélérer fortement la production en série de pièces pour l’industrie, commencée en 2023 depuis sa ligne pilote installée au CEA Tech Occitanie à Labège (plateforme de transfert technologique).

Norimat a emménagé dans ses nouveaux locaux toulousains à l’été 2024 — Photo : Norimat

Une levée de fonds en phase de closing

Récente lauréate de la 6e édition de l’appel à projets Première Usine de France 2030, Norimat mobilise pour ce faire un investissement de 10 millions d’euros (autofinancement et dette bancaire), subventionné à hauteur de 20 % environ. Le tout sera complété par les fruits issus d’une deuxième levée de fonds, en phase de closing (2,50 M€ en 2019 auprès de Galia Gestion, Innovation Fund et Irdi Capital Investissement), dont le montant devrait être à peu près du même ordre. Rentable depuis 2023, la start-up s’est construite de façon exemplaire, franchissant rapidement tous les cycles du développement d’une deeptech (incubateur, réseau de la SATT, accompagnement de Bpifrance et de structures locales…).

"Notre technologie permet aujourd’hui de fritter des matériaux ultra-réfractaires, qui ont une très grande résistance à la température et sont donc difficiles à densifier, en les chauffant à 2 000 degrés", explique Romain Epherre, le président de Norimat. Moins coûteux pour les industriels, ce process, couplé à de la fabrication additive (technique du Binder Jetting), assure en outre un gain de temps de production (1 heure contre une trentaine d’heures dans un four traditionnel), économise de l’énergie et limite les pertes de matières car les pièces sont modélisées (2D ou 3D) au préalable grâce au digital, une voie empruntée par Norimat dès son origine et qui lui procure aujourd’hui un réel avantage concurrentiel.

Grâce au digital, Norimat modélise les pièces à produire en 2D ou en 3D — Photo : Norimat

L’aéronautique dès 2025

L’entreprise, qui portera son effectif à une cinquantaine de collaborateurs dans les trois ans, a bâti sa réputation en séduisant l’industrie du luxe (horlogerie et joaillerie). “Notre volonté a toujours été de travailler pour les secteurs stratégiques que sont l’aéronautique, le spatial, la défense et l’énergie, précise Romain Epherre. Mais il est extrêmement long de pouvoir pénétrer ces marchés. Pour y arriver, nous avons choisi de faire nos preuves dans le luxe où nous avons trouvé des clients ouverts à l’innovation, qui voulaient pousser de nouveaux produits. Le luxe, ce sont des matériaux à haute valeur ajoutée dans des volumes raisonnables. C’est également un secteur hyper exigeant pour la production de pièces d’une qualité irréprochable. En 2025, nous allons entrer en phase de qualification pour des produits destinés à l’aéronautique.”

La technologie brevetée de Norimat lui permet d’usiner des pièces d’une précision chirurgicale — Photo : Norimat

Mais l’ambition de Norimat repose sur une vision encore plus lointaine. “Nous voulons démocratiser l’utilisation de notre process et être le leader dans la structuration de cette filière, poursuit le dirigeant. Dans 5 à 10 ans, nous voulons gérer ou être partenaires d’une centaine d’unités de production comme la nôtre.” L’entreprise travaille déjà à cette structuration avec ses fournisseurs internationaux que sont l’allemand Dr. Fritsch, le japonais NGS et l’américain Calnano.

Toulouse # Industrie # Investissement industriel # Start-up # Levée de fonds