Agriflandres Energies arrive sur le marché des énergies propres et renouvelables. Soucieux de l'environnement depuis leur installation et désireux de se diversifier, trois exploitants de la même famille ont décidé de s'associer pour se lancer dans la méthanisation. Une source de revenus supplémentaires, à terme, en même temps qu'une façon de valoriser les coproduits issus de leur exploitation.
"Notre site permet de transformer le carbone des plantes en biométhane. On peut utiliser jusqu'à 10.000 tonnes par an de résidus végétaux, composées à 60% des litières et lisiers de nos propres élevages laitiers, à 30% des sous-produits de légumes issus de la production de Bonduelle, toute proche, et le reste, selon les saisons, des tontes de la communauté de communes ou d'autres déchets verts," détaille Jacques Wickaert, dirigeant, avec son fils Julien, de la GAEC Wyckaert, l'une des deux exploitations à l'origine du projet.
Valorisation et amélioration des coproduits agricoles
Le tout est mélangé, puis placé pendant 40 jours à 40°C dans une première cuve de 2.000 m3, le digesteur. Pendant cette première phase, 80% du gaz est extrait de la matière, qui passe ensuite dans le post-digesteur, d'un volume identique, jusqu'à ce que les 15 à 50% de gaz restants soient extraient. Le produit fini, le digestat, est ensuite utilisable comme engrais naturel pour les cultures. "Mais on récupère un produit amélioré, souligne Jacques Wyckaert, puisque non seulement pendant l'opération aucun élément fertilisant n'a été perdu, mais surtout le digestat est immédiatement absorbable par les plantes. Sur notre exploitation, ça nous a permis de diviser nos achats d'engrais chimiques par trois. Et puis il n'y a aucune odeur à l'épandage."
Surtout, le gaz récupéré sert à alimenter un générateur, qui produit de l'electricité, revendue ensuite à EDF. 250 kWh sont ainsi produits, de quoi alimenter 300 foyers, affirme fièrement Jacques Wyckaert. Et la démarche est entièrement vertueuse puisque l'eau qui alimente le circuit de refroidissement du moteur sert ensuite à chauffer le digesteur et les bureaux d'Agriflandre en hiver. Les 80% de chaleur restants sont eux revendus à la société Wostin, qui l'utilise à la place du gaz fossile pour chauffer ses cultures de pousses de soja, réduisant son impact carbone de 30%.
La méthanisation, multipliée par six en dix ans?
"C'est vraiment un outil à la pointe de la modernité, qui créée une vraie dynamique autour des énergies à stock long, avec une vraie rentabilité, s'est pour sa part félicité Hervé Pignon, le président de l'Ademe Nord-Pas-de-Calais."La valorisation de la matière, dans une économie circulaire et locale, c'est ce vers quoi tendent nos efforts, au niveau régional comme national.Aujourd'hui, la région compte une vingtaine d'installations de méthanisation, dans dix ans, elle en abritera une centaine. C'est l'objectif de l'Ademe que de multiplier par six en France les unités de métahanisation."
Au total, l'installation a coûté environ 2 M€, financés à 20% par l'Ademe et le reste sur fonds propres, grâce à un prêt du Crédit Agricole. Le chiffre d'affaires prévu est de 400.000 à 500.000€, avec un retour sur investissement après environ sept années. Pour l'instant, une personne est employée à mi-temps sur le site, mais un temps plein est envisagé à terme.