Très belle opération pour le spécialiste sophipolitain de "l'oreille bionique". En passant sous le giron du groupe danois William Demant, pour 57,5 M€, Neurelec se dote d'un partenaire de poids pour devenir un acteur mondial du marché de l'implant cochléaire, ces appareils électroniques médicaux très sophistiqués qui remplacent les fonctions endommagées de l'oreille interne et permettent de combattre la surdité, même la plus profonde. Spécialisé dans le domaine des prothèses auditives, William Demant détient entre autres les marques Oticon, Oticon Medical (qui fabrique des implants à ancrage osseux), Bernafon et Sonic Innovations. Avec l'acquisition de Neurelec et son portfolio complet d'implants cochléaires, le Danois élargit son portefeuille produits et devient « la seule compagnie au monde à offrir tous les types de produits à destination des sourds et des malentendants », explique dans un communiqué Niels Jacobsen, P-dg de William Demant, qui met ainsi un pied « sur un marché caractérisé par un fort potentiel de développement à long terme. »
Quatrième acteur du marché
Quoique déterminé par les systèmes de remboursement en vigueur dans les États, le marché des implants cochléaires connaît une croissance de l'ordre de 10 % par an. Évalué à un milliard de dollars, il est dominé par les trois géants que sont l'Australien Coclear Limited, l'Autrichien Medel et l'Américain Advanced Bionics. Neurelec arrive en quatrième position. L'entreprise, spin-off de MXM née en 2006, a dégagé en 2012 un chiffre d'affaires de 18,5 M€, contre 17,3 M€ en 2011. Une progression que Cédric Briand, son président, impute à son activité sur le marché EMEA, où la société revendique 6 % des parts. Déjà présente dans une trentaine de pays, elle possède trois filiales en Allemagne, en Turquie et au Maroc. Son ralliement à William Demant devrait lui permettre d'accélérer son expansion en s'appuyant sur le solide réseau de distribution du groupe danois.
L'eldorado chinois
Car « les clés de la croissance résident surtout dans les pays émergents, la Chine en particulier où les systèmes de remboursement, même s'ils restent complexes, se démocratisent de plus en plus, indique Cédric Briand. D'ici à 2020, le marché chinois représentera plus de 50 % du marché mondial. » Neurelec s'y prépare, et travaille à l'obtention des agréments nécessaires pour prendre des positions sur ce futur eldorado. « On se positionne également fortement sur l'Amérique du sud qui représente un gros potentiel de développement », complète-t-il.
20 % du CA consacré à la R & D
Autre levier de croissance, l'innovation. Neurelec, qui fut la première société au monde à proposer un implant cochléaire numérique, y consacre chaque année 20 % de son CA. Elle vient par ailleurs de se doter d'un plateau de 1.500 m² dédié à ses activités de R & D. L'entreprise, qui travaille sur la quatrième génération de ses implants cochléaires, multiplie les projets. « L'innovation, c'est le nerf de la guerre, explique Cédric Briand. On cherche tous à développer l'implant différenciant, plus petit, plus performant. » L'association avec William Demant lui ouvre là aussi de nouvelles perspectives. « La combinaison du savoir-faire de Neurelec dans le domaine de la stimulation acoustique et de celui d'Oticon dans le traitement du son va nous permettre d'améliorer considérablement les performances de nos produits et, donc, la qualité de vie des personnes souffrant de pertes auditives », s'enthousiasme le dirigeant. Et ainsi emporter l'adhésion des équipes médicales, premières prescrip
trices des implants cochléaires. Neurelec, qui prévoit d'embaucher en 2013 une vingtaine de personnes, table sur une progression à deux chiffres de ses facturations.
Neurelec
(Sophia Antipolis) Dirigeant : Cédric Briand CA 2012 : 18,5 M€ 130 personnes Tél. : 04 93 95 18 18 @email