En trois ans d’existence, United Crocos est passée de 260 000 à 500 000 euros de chiffre d’affaires. Une jolie croissance que la start-up marseillaise (15 salariés) entend bien poursuivre sur un rythme soutenu pour atteindre les 800 000 euros en 2026. La jeune pousse propose des ateliers ludo-éducatifs de programmation, conçus avec des chercheurs en neurosciences pour faciliter le repérage des difficultés cognitives des enfants. Elle est désormais détenue majoritairement par Aplim l’Asso. Une référence dans le secteur de l’éducation, puisque cette association bretonne est l’actionnaire unique de la SAS Aplim (20 M€ de CA, 150 salariés), éditrice du portail de suivi scolaire École Directe, utilisé par 5,5 millions de parents, enfants et professeurs de l’enseignement catholique.
Déjà présente au capital de l’Esus (Entreprise solidaire d’utilité sociale) United Crocos, Aplim l’Asso a racheté "quelques actionnaires minoritaires pour simplifier le tour de table capitalistique avant une levée de fonds plus importante", résume Vincent Berge, le fondateur de United Crocos, jusque-là majoritaire avec ses salariés. "Notre volonté n’est pas d’être hégémonique, précise Yves Blisson, président d’Applim l’Asso, si nous sommes dilués, cela ne nous gêne pas du tout."
Des synergies attendues avec les écoles privées
Il explique que cette "opération amicale", avec un chef d’entreprise qu’il connaît bien, n’est "ni de la philanthropie, ni du financier pur". S’il croit en la rentabilité de United Crocos, il en attend "un retour sociétal plus qu’un retour sur investissement". "Je ne vois pas les gouvernements se saisir des troubles de l’apprentissage, donc on essaie d’être des aiguillons", avance-t-il, quand Vincent Berge voit dans cet engagement "un moyen de sécuriser United Crocos, de construire la croissance, de travailler les synergies avec les écoles privées et les directions diocésaines". Qui représentent un marché de taille. Pour l’heure, la start-up travaille à 80 % avec des collectivités "qui cherchent à éviter le décrochage scolaire, qui coûte 250 000 euros par enfant" selon Vincent Berge. "En développant les collaborations avec les établissements catholiques, nous pourrons avancer sur deux jambes", explique-t-il. "Nous jouons le rôle du tiers de confiance", rebondit Yves Blisson.
Un questionnaire sur École Directe
Déjà présent sur École Directe depuis le mois de mars, via un simple lien vers son site, United Crocos va prochainement y proposer un questionnaire permettant un premier repérage des difficultés cognitives et un premier pas vers des ateliers de détection. Des séances d’une heure, durant lesquelles un animateur remplit une grille d’observation, traitée ensuite par l’intelligence artificielle pour émettre un bilan et des recommandations validées par un neuropsychologue qui aura auparavant assisté à deux séances. Une réponse à la pénurie de professionnels de santé, à l’errance médicale et au coût élevé d’un diagnostic. "J’ai moi-même un fils en difficulté cognitive, témoigne Vincent Berge. Il m’a fallu deux ans et 900 euros pour comprendre ce qu’il avait. Avec nos ateliers, il suffit de deux mois et de moins de 300 euros." Selon le livre blanc publié en janvier par United Crocos, 30 à 40 % des élèves sont concernés, à plus forte raison dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.