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StudiAva fait correspondre les profils des élèves avec les formations post-bac
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StudiAva fait correspondre les profils des élèves avec les formations post-bac

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La start-up marseillaise StudiAva, créée en 2023 par Wassim Benouis et Yoann Ravel, deux jeunes ingénieurs en bâtiment, s’inspire des sites et applications de rencontres amoureuses. Conçue comme un "Tinder de l’orientation", elle aiguille les élèves vers des cursus qui peuvent leur correspondre et entend bientôt les guider vers des entreprises qui recrutent.

Créée en 2023 par Wassim Benouis et Yoann Ravel, StudiAva a été conçue comme "un Tinder de l’orientation" — Photo : DR

Le compte à rebours est lancé pour les lycéens de terminale et leurs parents. Les élèves ont en effet jusqu’au soir du 12 mars pour formuler leurs vœux sur Parcoursup, la plateforme nationale dont dépendent les admissions en formations post-bac. Souvent un grand moment de stress voire de détresse, que la start-up marseillaise StudiAva (CA 2025 : 90 000 euros) ambitionne d’apaiser. Créée en 2023 par Wassim Benouis et Yoann Ravel, deux jeunes ingénieurs en bâtiment, elle a conçu un outil web ludique et pour faire "matcher" les profils des futurs étudiants avec des cursus qui leur correspondent. "Un Tinder de l’orientation", aime à dire Wassim Benouis.

Rendre l’orientation sexy

"Beaucoup de jeunes s’autocensurent, ne connaissent pas certains métiers ou ne connaissent qu’une seule voie pour s’y former, poursuit Yoann Ravel. Il y a une défaillance de l’Éducation nationale. Les heures dédiées à l’orientation se résument souvent à une feuille à remplir dans un CDI (Centre de documentation et d’information) et des documents sur les formations mis à disposition. Les parents qui ont de l’argent engagent un coach en orientation, ceux qui n’en ont pas font le tour des salons." Dans le meilleur des cas. D’autant que l’orientation "ce n’est pas sexy", résume Wassim Benouis, le premier à avoir pensé StudiAva.

Rapprocher compétences et formations

À partir des notes de l’élève et d’un questionnaire permettant de cerner ses soft skills et ses envies, l’agorithme présente une dizaine de formations tirées de la base open data de l’Onisep, des plus accessibles aux plus ambitieuses. Une première offre avec un accès limité aux résultats est gratuite mais les plus complètes sont payantes (de 19,99 euros à 199,99 euros par an). Un frein pour certaines familles, qu’il est par ailleurs difficile de toucher.

Un outil à destination des familles comme des collectivités

D’où un ajustement de leur modèle. "Au début, on ne s’adressait qu’au B2C, mais c’était excluant et se faire connaître est très coûteux, retrace Wassim Benouis, qui a jusque-là vendu 6 000 licences. On a donc adressé le marché des collectivités, avec l’achat de 200 licences par exemple par la métropole Aix-Marseille Provence et on l’espère bientôt des achats régionaux de 1 000 licences chacun. On a aussi développé des ateliers avec des coachs en développement personnel free-lance. "

Les entreprises, actrices de l’orientation

"Rien ne remplace l’humain, reconnaît Yoann Ravel. C’est important de proposer également des échanges, à partir des résultats transmis par la plateforme ou autour de l’exposition Imagine que l’on a lancée en décembre au niveau national. Elle vise à faire découvrir des métiers, à travers des portraits d’acteurs du territoire." Des professionnels retenus par StudiAva ou valorisant des parcours que des entreprises souhaitent promouvoir, moyennant finances. "Les entreprises sont de vrais acteurs de l’orientation, insiste Wassim Benouis. Certaines veulent planter une graine, dès le collège, pour attirer les jeunes vers des métiers en tension. D’autres souhaitent recruter immédiatement, sans diplôme, présenter leur propre formation…" "Il y a une réelle déconnexion entre le monde éducatif et le monde de l’entreprise, appuie Yoann Ravel. Le lycée Mendès France de Vitrolles par exemple, a une section aéronautique mais n’a aucun lien avec Airbus qui est de l’autre côté de l’autoroute ! Grâce à cette exposition, on crée du lien."

L’idée étant, d’ici un an, de faire également apparaître sur StudiAva les offres de stage et d’alternance. Mais aussi d’intégrer des propositions à destination d’élèves décrocheurs et d’adultes en reconversion. Ou encore de décliner la plateforme dans d’autres pays. D’où l’ambition de lever 500 000 euros pour poursuivre la R & D "avec un investissement le moins dilutif possible", glisse Wassim Benouis.

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