«Entre1990 et2000, le NYSE a progressé de 328%, le Nasdaq de 1057%. La crise des subprimes est passée par là mais aujourd'hui, ce ne sont plus les entreprises qui posent problème, c'est la dette des États et des pays. Nous sommes donc en pleine confusion liée au décalage entre le redressement des entreprises et la situation de l'économie et de l'emploi.
«Un problème culturel»
Beaucoup d'entreprises françaises et européennes sont leaders mondiaux dans leurs domaines et profitent pleinement de la croissance des pays émergents. Michelin a ainsi massivement investi en Inde et, sur le long terme, on peut parier sur un retour intéressant. Il y a aussi des valeurs très porteuses sur des indices moins connus comme l'IT Cac (technos). Le problème, ici, est foncièrement culturel: les Français ont une vision patrimoniale des marchés financiers quand les Américains vont y acheter de la liquidité. Or, il devient très difficile de bâtir des stratégies d'investissement à long terme car les crises cycliques n'interviennent plus tous les dix à quinze ans mais tous les cinq à sept ans. Il faut donc passer d'une gestion passive à une gestion beaucoup plus active.
«Entre 3.000 et 5.000 € par titre»
Mes recommandations: investir uniquement une part de l'excédent de son patrimoine après s'être assuré de liquidités à court et moyen terme; constituer un portefeuille bien diversifié; ne pas se précipiter; accepter une dose de risque; ne pas suivre aveuglément la tendance des investisseurs; sur des portefeuilles de l'ordre de 50.000 €, investir entre 3.000 € et 5.000 € par titre pour éviter les frais de gestion et de transaction très onéreux en France. Et se souvenir que Warren Buffet, qui reste la référence, a bâti sa fortune en investissant au moment du premier choc pétrolier!»