Hauts-de-France
En amont de l’IA Summit à Lille, La Cité de L’IA publie son premier baromètre régional
Hauts-de-France # Intelligence artificielle # Conjoncture

En amont de l’IA Summit à Lille, La Cité de L’IA publie son premier baromètre régional

S'abonner

Alors que l’IA Summit, le 1er juillet à Lille, doit mettre en lumière la filière de l’IA régionale, et les entreprises qui utilisent ces nouveaux outils, la Cité de l’IA publie un premier baromètre, pour quantifier et qualifier la pénétration de l’IA dans les entreprises des Hauts-de-France. Une photographie encourageante, selon les commanditaires de l'étude.

Manuel Davy, dirigeant de Vekia et président de la Cité de l’IA, a présenté les résultats du premier baromètre régional sur l’adoption de l’intelligence artificielle, en amont du premier IA Summit à Lille — Photo : Jeanne Magnien

Selon la première édition du baromètre réalisé par l’organisme de sondage Sopra Steria pour le compte de la Cité de l’IA, les entreprises régionales sont plutôt en avance en ce qui concerne l’appropriation des nouveaux outils et pratiques liés à l’intelligence artificielle. Un point de situation bienvenu, alors que le premier IA Summit, s’apprête à réunir, ce mardi 1er juillet à Lille, l’ensemble des acteurs de la filière régionale de l’IA, des spécialistes aux curieux, pour échanger réflexions et bonnes pratiques.

95 % des entreprises régionales s’approprient l’iA

Selon ce baromètre, réalisé auprès d’un échantillon restreint de 91 entreprises régionales, représentatives de tous les secteurs d’activité, elles seraient de plus en plus nombreuses à avoir sauté le pas de l’IA. 95 % d’entre elles seraient ainsi, "engagées dans une trajectoire d’appropriation progressive de l’intelligence artificielle", et 48 % auraient déjà intégré l’IA dans leurs process. L’étude nationale de référence, réalisée en 2024, place la moyenne nationale à 30 %.

Un chiffre significatif selon Manuel Davy, le président de la Cité de l’IA, association qui rassemble 150 entreprises régionales. "On sent que le marché régional atteint un point de maturité, et qu’on est entrés en phase de mise en œuvre. C’est toute l’ambition de la Cité de l’IA de faire de la région la plus avancée sur ces sujets, et c’est déjà bien parti", commente-t-il.

Autre élément important à ses yeux : les usages faits de l’IA dans la région. "Les trois domaines où elle est la plus utilisée sont la communication, le service client, et la production. C’est le signe que les entreprises régionales sont en avance sur ces sujets : au niveau national, les domaines d’application privilégiés restent les services comptables, la communication et les ressources humaines, moins liés aux cœurs de métier", se félicite Manuel Davy.

"Des gains considérables"

Pas question pour le dirigeant de Vekia, grand spécialiste de l’IA, de se laisser aveugler par de "l’IA en carton" (sic). À la Cité de l’IA, on parle machines, process, temps dégagé pour les équipes et surtout, gain de compétitivité, et pas seulement de bidouillage sur ChatGPT.

73 % des entreprises interrogées pour le baromètre estiment ainsi avoir pu "générer des gains considérables suite à l’adoption de l’IA", notamment sur l’efficacité des opérations et la réduction des coûts et des dépenses, ainsi que sur la satisfaction client et l’amélioration de l’expérience utilisateur.

Dans le détail, 45 % des répondants utilisent l’IA sous forme de chatbot ou d’algorithme, "pour aider les employés et les clients à obtenir des réponses plus rapidement". 35 % l’utilisent pour automatiser leur process, "grâce à une plateforme intelligente regroupant différentes solutions d’automatisation". 12 % l’utilisent pour développer des logiciels, écrire du code ou le tester. Et 5 % utilisent des systèmes d’IA pour optimiser l’activité des machines, usines et chaînes d’approvisionnement, comme des jumeaux numériques. Un domaine qui devrait accélérer très vite, selon Manuel Davy.

"Le baromètre est une photographie qui va nous permettre de suivre les évolutions, quantitatives et qualitatives, de l’utilisation de l’IA dans la région, et d’adapter notre réponse. Le premier IA Summit a été construit en fonction des enseignements de ce premier baromètre, pour répondre au mieux aux interrogations des entrepreneurs, sur le fond et pas seulement pour leur vendre des solutions", ajoute-t-il.

Structurer l’offre de formation

Reste la question centrale, celle de la formation des collaborateurs à ces outils, à la fois très nouveaux et à l’évolution très rapide. Si 75 % des entreprises interrogées assurent proposer des formations à leurs équipes, elles restent très générales. Seules 16 % ont pu proposer des formations véritablement techniques et adaptées aux particularités de leurs métiers. Et 25 % n’ont rien proposé du tout. "Celles-là sont les principales cibles de la Cité de l’IA, s’amuse Manuel Davy. L’offre est encore diffuse mais se structure peu à peu. Nous travaillons avec d’excellents organismes de formation, et nous commençons à recenser les parcours qui nous paraissent intéressants. Mais c’est sûr que l’étiquette IA est vendeuse et va se retrouver un peu sur tout et n’importe quoi, il faut être vigilants".

Des budgets encore faibles mais en hausse

Un dernier chiffre enfin : si les budgets dédiés à l’IA restent encore faibles, la tendance est à la hausse. 36 % des entreprises interrogées prévoient une augmentation de plus de 10 % de leur budget alloué. Rendez-vous l’année prochaine pour voir ce qu’il en est.

Hauts-de-France # Intelligence artificielle # Conjoncture # Innovation # Écosystème et Territoire