Quand il est question de rebond des entrepreneurs, c’est toujours en lien avec une annonce de liquidation. Or, un chef d’entreprise doit aussi savoir rebondir quand il est confronté à un désaccord avec ses associés sur le plan de développement de l’entreprise et les investissements prioritaires à faire, quand il est lâché par un fournisseur et ne peut plus honorer ses commandes, ou encore quand ses activités sont impactées par le climat géopolitique, par exemple pour l’acheminement de ses produits. Et que dire s’il a un accident de voiture avec ITT, voire un cancer ? Et tous les entrepreneurs sont concernés, qu’ils soient à la tête d’une PME-PMI, artisans, commerçants, exploitants agricoles, autoentrepreneurs, etc.
Ne faudrait-il prévenir plutôt que guérir ?
Certes la conjoncture de cette rentrée 2024 braque les projecteurs sur la recrudescence en cours des défaillances. Il est fondamental, sinon vital d’aider les entrepreneurs à la tête des sociétés concernées, et sur ce sujet, les associations mobilisées jouent un rôle nécessaire et remarquable qui mérite d’être davantage (re) connu. Mais ce ne sont pas les seuls entrepreneurs à devoir rebondir et à avoir besoin de soutien.
De plus, on soigne après coup, après la chute. Ne faudrait-il agir davantage en amont ? Prévenir plutôt que guérir en somme ? Prendre la décision de se placer en redressement judiciaire est une décision de gestion, et ne doit pas être un choix par défaut parce qu’il n’y a plus d’autre option et que l’entrepreneur y est acculé. Elle est une voie pour sauver ce qui peut l’être : toute l’entreprise, ou parfois au moins un produit, une partie des emplois. Un peu, ce n’est jamais assez mais c’est toujours mieux que rien.
Un autre regard sur l’échec
Changer le regard sur l’échec entrepreneurial et agir pour le rebond, c’est aussi être aux côtés des entrepreneurs pour leur éviter une chute destructrice sur le plan économique, social et personnel. Le burn-out du chef d’entreprise faisait la Une il y a encore peu de temps ; et si on agissait ensemble pour passer en mode "prévention" et qu’il y en ait moins ?
En créant leurs sociétés, les entrepreneurs ont pris des risques. Ils l’ont fait en connaissance de cause et en les assumant. Mais peut-être (ou souvent ?) par excès d’attentisme ou d’ego, trop d’entre eux se retrouvent seuls face aux défis qui leur tombent dessus. Et tant qu’ils n’ont pas engagé de procédures collectives, ils sont peu écoutés et peu aidés. Or, tous ont en commun de travailler et de créer de la richesse pour notre pays, par le produit de leur activité et pour une partie d’entre eux, par les emplois qu’ils créent.
Une journée du rebond entrepreneurial le 17 octobre
Rebondir demande des aptitudes et un état d’esprit que tous les entrepreneurs devraient apprendre à développer au fil de leur vie professionnelle. Choisir de rebondir devrait être vu comme une décision de gestion et être encouragé. Ne nous limitons plus à panser les plaies des défaillances annoncées, agissons en amont auprès d’un plus grand nombre d’entrepreneurs pour que la majorité ose agir, prendre des décisions pour sauver tout ce qui peut l’être et ne laisse pas s’établir un terrain propice à l’épuisement professionnel.
Parce que tous les entrepreneurs sont concernés par le rebond, parce qu’il faut agir en amont et plus largement encore que ce qui est fait aujourd’hui, retrouvons-nous le 17 octobre au ministère de l’économie pour la deuxième journée du rebond entrepreneurial et ensemble faisons-en une valeur forte de notre économie et de notre pays pour demain.