À Die, au cœur de la BioVallée, Nateva (moins de 9 M€ de CA ; 54 salariés) poursuit son développement en conciliant innovation industrielle et sobriété foncière. La filiale du groupe rochelais Léa Nature (525 M€ de CA ; 1 900 salariés) depuis 2018, spécialisée dans l’extraction d’actifs végétaux sous forme liquide pour les marchés de la santé naturelle et de la cosmétique, prépare le lancement d’une nouvelle gamme de gemmothérapie (bienfait des bourgeons) sans alcool tout en revoyant son projet d’extension immobilière. Près de 3 millions d’euros seront consacrés à cette transformation immobilière et industrielle qui générera à terme la création d’une quinzaine d’emplois. Et la perspective d’une croissance du chiffre d’affaires de l’ordre de 45 à 50 % à 13 millions d’euros en 2030.
Nouveaux usages, nouveaux marchés
Installée depuis 2011 sur la zone de Chamarges, l’entreprise drômoise, sous-traitant et façonnier pour des marques comme Santarom et Dayang, s’organise pour renforcer sa position sur le très prospère marché des soins naturels. Son principal levier de croissance réside aujourd’hui dans une innovation qu’elle présente comme inédite en Europe : une gamme complète de gemmothérapie sans alcool destinée aux laboratoires pharmaceutiques et cosmétiques.
Cette nouvelle offre est élaborée à partir de bourgeons frais récoltés en France au moment où ils concentrent leur plus fort potentiel biologique. Disponible en formules unitaires ou complexes, elle repose sur un procédé d’extraction développé et industrialisé — non sans difficultés — par Nateva. "L’entreprise espère ainsi répondre à une demande croissante pour des produits naturels mieux adaptés à certains usages (vétérinaires, enfants, femmes enceintes) et à certaines populations (communautés religieuses), tout en ouvrant de nouveaux débouchés parmi ses clients et à l’international", déroule Laurent Paulet, directeur général.
Fin 2027, Nateva pourrait réaliser 500 000 euros de chiffre d’affaires grâce à la seule gemmothérapie sans alcool alors qu’aujourd’hui la gemmothérapie contenant de l’alcool génère un revenu de 250 000 euros.
Cette montée en gamme s’accompagne d’un renforcement des exigences qualité. Nateva se prépare à passer la certification ISO 22 000, référence internationale en matière de sécurité alimentaire. Une démarche qui vise à conforter les garanties de traçabilité et de maîtrise des procédés offertes aux marques et laboratoires pour lesquels elle intervient en sous-traitance (Santarome, La compagnie des Sens, Herbalgem, etc.).
Un projet immobilier revu et corrigé
Pour soutenir cette dynamique, l’entreprise réfléchit également à l’adaptation de ses capacités industrielles. Mais contrairement aux scénarios étudiés ces dernières années, la croissance ne passera finalement pas par l’acquisition de nouvelles surfaces agricoles sur la ZAC de Chamarges.
Les réflexions engagées par la nouvelle gouvernance de l’entreprise ont conduit à réexaminer le projet d’extension initial. Deux diagnostics archéologiques préalables, réalisés sur le parking arrière du site de production et sur un terrain voisin dédié au stockage, ont montré la difficulté de mettre en œuvre rapidement un projet permettant de regrouper l’ensemble des activités sur un même site.
Au-delà de ces contraintes techniques, Nateva affirme avoir souhaité privilégier une approche limitant l’artificialisation des sols. L’entreprise a ainsi décidé de renoncer à l’achat d’un terrain agricole sur la zone d’activités.
Grandir sans s’étendre
" Notre ambition est de poursuivre notre croissance en restant fidèles à nos valeurs : innover, produire localement et limiter notre impact sur les territoires qui nous accueillent. Le choix de ne pas artificialiser de nouvelles terres agricoles s’inscrit pleinement dans cette démarche ", explique Laurent Paulet, directeur général de Nateva.
Comme l’entreprise dispose toutefois de réserves foncières attenantes à ses bâtiments existants, la nouvelle piste étudiée consiste à agrandir d’environ 1 000 m2 le bâtiment aujourd’hui consacré au stockage et à la coupe des plantes. Cette extension logistique, qui devrait être inaugurée en juin 2028, permettra de libérer des espaces sur le site principal pour accueillir de nouvelles capacités de production, notamment en lien avec le développement de la nouvelle activité de gemmothérapie. Un nouveau laboratoire ainsi qu’un espace pour le conditionnement (300 m2 au total) devraient également voir le jour au premier semestre 2027.