Près de 5 millions d’euros de pertes en 2014, entre 3 et 4 attendus cette année. Le port de Nantes Saint-Nazaire a connu des périodes plus fastes. Ces dernières années, le trafic ne cesse de baisser. Entre 2008 et 2014, les volumes se sont ainsi écroulés de 22%. Cette année, ils devraient reculer de 6%. Vingt-cinq millions de tonnes de marchandises devraient ainsi transiter par l’estuaire de la Loire. Trop peu. L’équilibre financier du port « se situe aux alentours des 30 millions de tonnes », indique Francis Bertolotti, président du conseil de surveillance de l’infrastructure ligérienne.
Le prix de l'énergie
Le quatrième port français paie sa dépendance aux trafics énergétiques, qui pèsent les deux tiers de son chiffre d’affaires (64 millions d’euros en 2014). Problème : charbon, pétrole et gaz sont soumis aux aléas de la géopolitique mondiale. Avec, parfois, des évolutions extrêmement brutales. Le terminal méthanier de Montoir de Bretagne a ainsi vu le trafic de gaz naturel liquéfié fondre comme neige au soleil, passant, en cinq ans, de 4,9 à 1,2 million de tonnes annuelles.
Même s’ils n’ont quasiment aucune prise sur l’évolution future des trafics énergétiques, les dirigeants du port ne croient pas à la fatalité. Le projet stratégique 2015 – 2020 qu’ils viennent d’adopter prévoit un retour à la rentabilité dès 2016.
Les recettes non maritimes
Et pour cela, Jean-Pierre Chalus ne mise pas que sur les recettes liées au trafic de marchandises. Le président du directoire du port compte revoir la politique foncière de l’établissement public, propriétaire de 2.700 hectares de terrains, dont 1.600 à vocation industrielle. Quelques-uns de ces terrains vont être vendus, comme une partie de l’emprise foncière qu’occupera le CHU sur l’Ile de Nantes. La direction du port entend surtout revaloriser les autorisations d’occupation temporaire accordées à des tiers, que cela soit pour quelques mois ou pour plus de trente ans. Financièrement parlant, ces renouvellements de contrats constituent le « cœur de sujet. C’est cela qu’il ne faut pas louper. Il y a des dossiers sensibles », confie Jean-Pierre Chalus. Enfin, le dirigeant nantais compte sur de nouveaux locataires. Il espère l’arrivée d’un industriel à Cheviré, la création d’un entrepôt pour l’agroalimentaire ou d’un parc d’activité dédié aux énergies renouvelables. D’une centaine d’hectares, celui-ci sera situé au Carnet et aura vocation à accueillir plutôt des entreprises tertiaires. A Nantes Saint-Nazaire, les recettes domaniales génèrent 30% du chiffre d’affaires du port. Il y a encore de la marge. Dans les ports d’Europe du Nord, les revenus issus du foncier sont supérieurs à ceux générés par les trafics.
L'espoir des énergies marines
Pour renouer avec l’équilibre, le dirigeant nantais compte aussi sur l’augmentation de certains trafics. Comme les exportations de céréales ou encore les énergies renouvelables. Avec la montée en puissance de l’industrie de l’éolien marin à Saint-Nazaire autour d’Alstom et de STX, « nous voulons devenir une référence dans le domaine de la transition énergétique et l’écologie », fixe-t-il. Autre trafic qui bénéficie d’investissements importants : les conteneurs. Avec à la clé un agrandissement des quais, l’achat de nouveaux portiques et des actions commerciales visant à développer les liaisons vers les Antilles, l’Afrique de l’Ouest et le feedering (liaisons avec les grands ports à conteneurs en Europe).
Dans le rouge ces dernières années, le port de Nantes Saint-Nazaire ne compte pas uniquement sur les trafics maritimes pour renouer avec les bénéfices.