«La Namibie ne recherche pas l'assistanat», déclare immédiatement le premier secrétaire de l'Ambassade de Namibie en France. Si la délégation d'officiels, parmi lesquels le gouverneur, le directeur du port de pêche de Luderitz dans le sud du pays et l'ambassadrice, est en Bretagne c'est pour signer des contrats. Des contrats de partenariats et de transferts de technologies. Car le but ultime pour le gouvernement de Namibie est de placer le pays au coeur du développement économique de l'Afrique australe. Et de créer de l'emploi localement - aujourd'hui à 50 % lié à l'agriculture - dans le souci d'une amélioration du niveau de vie des Namibiens.
Grand exportateur de poisson
«Ils ont des projets très ambitieux», remarque Nathalie Caroff d'IdMer à Lorient. Le port de Luderitz, dans la région de Karas au sud du pays, est en pleine extension. Grand exportateur de merlu, colin, lotte, thon rouge, sardine, crabe et langouste, le port de Luderitz cherche à développer localement des activités de transformation des produits de la mer. «Par le biais de joint-venture dont ils seraient majoritaires à 51%», poursuit Nathalie Caroff. Aujourd'hui, la Namibie exporte 90% des ressources liées à son industrie de la pêche. Une industrie qui emploie 14.000 personnes et qui représente 7,5 % du PIB estimé à 13,35 milliards de dollars en 2007 pour 2,08 millions d'habitants.
Porte d'entrée de l'Afrique australe
En venant visiter les ports de Lorient, Brest et Saint-Nazaire, les Namibiens espèrent dupliquer des systèmes et faire venir la technologie bretonne en Afrique. D'autant qu'après une pêche surexploitée par les Espagnols dans les eaux namibiennes, le pays souhaite désormais ouvrir le secteur à d'autres intervenants. «Pêcher, transformer, vendre, exporter, c'est ce que nous souhaitons faire», complète le gouverneur de la région de Karas, première région contributrice au PIB.
Spécialiste des minéraux tels que le quartz, le topaze, le marbre et les diamants, un secteur qui réalise 40% du PIB, la Namibie cherche ainsi à s'ouvrir à de nouveaux marchés. «Nous devons être plus compétitifs dans une Afrique qui change, un monde qui change très rapidement. Et permettre à la Namibie d'être prospère. Nous devons être prêts», commente le gouverneur. Objectif : devenir une porte d'entrée économique pour d'autres pays émergents comme le Botswana, l'Angola et la République du Congo.
Développer le tourisme haut de gamme
Conscient du potentiel de développement touristique du pays, la Namibie a également rencontré un professionnel du voyage, BLB Tourisme à Auray. Lionel Le Brun, le dirigeant, organise deux programmes de visites en direction de la Namibie cet été, et espère en développer davantage en 2012 et 2013 grâce à des relais sur place. «Avec les problèmes de terrorisme au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso, les gens sont plus attirés vers le sud de l'Afrique. C'est une grande opportunité pour la Namibie», remarque-t-il. Comptant environ un million de visiteurs chaque année, en progression de près de 50% en dix ans, la Namibie mise sur un tourisme que le gouverneur de Karas souhaite «haut de gamme». Déjà partenaire de la Bretagne dans le domaine de la mer - le fameux merlu vient de la Namibie - les échanges doivent être renforcés dans ces prochains mois. Et ce notamment grâce à l'invitation, pour la seconde fois, en tant que pays d'honneur au 9e salon Itechmer de Lorient, en octobre.
Pays en fort développement, la Namibie ne demande qu'à dynamiser son tissu économique local.
Début mars, une délégation d'officiels en visite en Bretagne a cherché à nouer des contacts afin de créer du business.