Pour Myferrylink, les épisodes se suivent mais ne se ressemblent pas. Un nouveau rebondissement vient agiter les eaux sur lesquelles la compagnie navigue depuis la faillite de SeaFrance. Cet épisode est mené cette fois par Didier Cappelle, président du conseil de surveillance de la scop Seafrance. Ce dernier a décidé de convoquer lundi 13 avril le directoire de la scop, dans le but de le révoquer.
La réaction du directoire
La réaction du directoire ne s'est pas faite attendre. Celui-ci demande en conséquence le placement de la scop SeaFrance sous le régime de la sauvegarde de justice et une audience est prévue à cet effet ce vendredi 10 avril. Dans un communiqué, le directoire composé de Jean-Michel Guiguet, président de la scop et de Raphaël Doutrebente, directeur général, déclare : "Cette mesure de sauvegarde n'est pas un dépôt de bilan. Nos activités ne vont pas s'arrêter. Notre entreprise n'est pas en état de cessation de paiements; bien au contraire, les comptes de l'exercice clos le 31/12/2014 font apparaître un résultat bénéficiaire".
Une compagnie sans navires ?
Pour mémoire, la scop SeaFrance a été constituée lors de la faillite de la compagnie maritime SeaFrance, afin d'exploiter ses trois anciens navires. Ces derniers ont été rachetés à l'époque par le groupe Eurotunnel et sont estampillés MyFerryLink, du nom de la filiale d'Eurotunnel. Celle-ci assure la commercialisation des traversées Calais-Douvres, tandis que la Scop SeaFrance gère l'exploitation des trois navires. Aujourd'hui Eurotunnel est contraint par la justice britannique de trouver un repreneur pour les navires. Les discussions sont en cours et pourraient être perturbées par cette éjection du directoire qui souligne : "En conséquence, Eurotunnel arrêterait aussitôt sa collaboration avec la scop SeaFrance, qui se trouverait privée de navires, de clients et de tout crédit. Ce point a d'ailleurs été très clairement exprimé par Monsieur Jacques Gounon, président du groupe Eurotunnel." Cette décision de Didier Cappelle est qualifiée de "suicidaire" par le directoire et suspend le devenir des 600 marins que compte la scop. Après un long combat contre la justice britanniqe, c'est en interne que se jouera la prochaine et peut-être ultime bataille de la scop SeaFrance.