À l’approche des élections municipales, quelles sont les principales attentes des chefs d’entreprise vis-à-vis des futurs élus locaux illustrées notamment dans le manifeste signé par le MEDEF Lyon Rhône, la CPME du Rhône, la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne, l’U2P Rhône et Métropole de Lyon, la CCI Beaujolais, la CMA Lyon Rhône et la Chambre d’Agriculture du Rhône ?
La première attente, c’est la visibilité. Aujourd’hui, tout est grippé. Cette situation touche toutes les entreprises : les grandes retardent leurs investissements, les plus petites peinent à opérer. Les chefs d’entreprise ont besoin de règles stables et lisibles, ainsi que d’une trajectoire claire sur les projets, notamment en matière de travaux et d’aménagement. Ils demandent aussi une simplification des démarches. Le sentiment dominant est celui d’une accumulation de contraintes administratives qui ralentissent l’action, avec des délais parfois très longs entre l’intention et la réalisation.
Votre manifeste "Des vœux, des actes" insiste sur la place centrale du travail et de l’entreprise. Que peuvent concrètement faire les collectivités pour renforcer l’attractivité économique du territoire ?
D’abord, permettre aux entreprises de s’implanter et de se développer. Le logement est un levier clé : on ne peut pas construire du logement social sans relancer le logement privé. Le bâtiment irrigue une large chaîne de valeur et conditionne la santé de l’économie locale. Sur les mobilités, les chefs d’entreprise soutiennent la transition environnementale, à condition qu’elle soit concertée et compatible avec l’activité économique. Enfin, il est essentiel d’associer les entreprises aux décisions structurantes et de privilégier, quand c’est possible, les acteurs locaux dans la commande publique.
Les entrepreneurs ont-ils le sentiment d’être suffisamment associés aux décisions qui façonnent le territoire ?
La proximité existe dans les petites collectivités, mais elle s’effrite à mesure que l’échelle grandit. Beaucoup d’entrepreneurs découvrent des projets une fois décidés, sans possibilité d’anticipation. Pour rétablir un dialogue apaisé, les élus doivent s’appuyer davantage sur les corps intermédiaires, comme la CCI, qui disposent de données et de retours terrain. C’est une condition pour reconstruire une coopération efficace.
La Presqu’île lyonnaise cristallise de nombreuses tensions économiques. Quelle vision attendez-vous des futurs élus pour ce cœur de ville ?
Les difficultés de la Presqu’île se retrouvent dans de nombreux centres-villes régionaux ou nationaux. À Lyon, le désaccord porte sur l’accessibilité. Les collectivités estiment que la clientèle locale suffit, tandis que les commerçants constatent la perte d’une clientèle extérieure freinée par les contraintes d’accès. À trop restreindre les flux, on perd du chiffre d’affaires. Il ne s’agit pas d’un débat politique, mais économique. Les acteurs jugent le curseur trop restrictif et appellent à davantage d’expérimentations pour retrouver un équilibre entre attractivité, accessibilité et qualité de vie.