Mouvements sociaux : L'activité touristique a trinqué
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Mouvements sociaux : L'activité touristique a trinqué

Les grèves à répétition organisées contre la réforme des retraites durant ce dernier mois d'octobre ont mis à mal l'économie morbihannaise.

A peine certaines PME morbihannaises voyaient leurs signaux virer au vert, après plus d'un an et demi de crise économique, qu'elles ont été mises à mal par des mouvements sociaux prolongés courant octobre, contre la réforme des retraites. Pour Philippe Rouault, président de l'Union des Entreprises - Medef 56, «il est temps que cela se termine». Dans le Morbihan, même si la pénurie d'essence a été moindre qu'en Loire-Atlantique ou qu'en Ille-et-Vilaine, les répercussions se sont fait sentir. «Toutes les entreprises dépendantes des produits pétroliers n'ont pas pu travailler», commente-t-il. Industries du transport, de l'agroalimentaire et de la chimie ont vu leur activité tourner au ralenti. «Les produits frais n'ont pas pu être livrés, du coup ils se sont périmés très vite. C'est une perte sèche pour les fabricants», explique-t-il. Perte de marge et de chiffre d'affaires.




Moins 30% de réservations chez les hôtelliers

Pour les hôtelliers, cette grève générale aura causé une perte de 30% des réservations sur les vacances de Toussaint par rapport à 2009. Pour Jean-François Sérazin, président de l'Union des Métiers de l'Hôtellerie, ces annulations représentent 50% de chiffre d'affaires en moins pour l'économie touristique morbihannaise. Des emplois d'extras ou d'intérimaires n'ont pas pu être honoré dans l'hôtellerie et dans la restauration. «Pour les professionnels, les vacances de la Toussaint ont marqué une fin de saison morte», estime-t-il. «Certains, sur le littoral, ont été obligés de fermer. On subit encore alors qu'on y est pour rien.» Côté tourisme d'affaires, des séminaires ont été annulés et les commerciaux non plus n'ont pas pu circuler. Loin de remettre en cause le droit de grève, Jean-François Sérazin remarque que «si la France était une entreprise, elle aurait déposé le bilan depuis longtemps. Cette réforme, il faut la faire, mais je suis sûr qu'on peut l'améliorer». Philippe Rouault craint que le mouvement continue et que l'économie morbihannaise en souffre encore. Même s'il reconnaît que la réforme est nécessaire, le président du Medef 56 regrette que le gouvernement l'ai lancé aux deux-tiers du mandat et pas dans les dix premiers mois. «Cela aurait laissé le temps à la concertation, à la discussion. Réaliser une telle réforme dans l'urgence ne peut pas être bon».

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