Pour Barath Tripard, le directeur général de Moselle Numérique, "il devient vraiment urgent que les entreprises mosellanes s’intéressent à leur connexion internet". Filiale à 100 % du groupe Orange Concessions (CA : 438 M€), exploitant du réseau d’initiative public Moselle Fibre basé à Metz, couvrant 500 communes et 170 000 logements, la société Moselle Numérique a réalisé 26,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en commercialisant auprès des fournisseurs d’accès internet l’accès à son infrastructure. Une activité qui ressort en croissance, du fait des usagers et des entreprises qui basculent peu à peu de l’ADSL, fonctionnant sur le réseau téléphonique en cuivre, vers la fibre.
Fermeture commerciale puis technique
Mais l’équipe de Moselle Numérique, constituée de quatre personnes, s’est rendu compte que sur un total de 49 000 entreprises mosellanes, "il y en a 8 000 qui n’ont souscrit à aucun abonnement à la fibre", détaille Barath Tripard. Un point de vigilance pour le directeur général, car le démontage du réseau cuivre est déjà programmé. "Le réseau historique en cuivre doit s’éteindre en 2030", insiste le directeur général de Moselle Numérique.
Vers un goulot d’étranglement ?
Engloutissant un total de 500 millions d’euros pour son entretien, trop sensible à l’humidité, le réseau cuivre est aujourd’hui supplanté par la fibre. Le démontage ou "décommissionnent" pour les acteurs du projet, va s’échelonner par lots successifs. Et les échéances arrivent vite : "Pour le lot 2, qui concerne 60 communes de la Moselle, la fermeture commerciale, c’est janvier 2025. Ensuite, la fermeture technique est programmée pour janvier 2026", déroule Barath Tripard, qui, sans vouloir faire paniquer les dirigeants d’entreprises, avertit : "Les entreprises doivent s’emparer du sujet et migrer leurs accès internet qui passent aujourd’hui sur le réseau historique en cuivre vers le réseau de fibre optique. Le danger, c’est de voir se créer un goulot d’étranglement pour gérer les dossiers quand tout le monde aura pris conscience du sujet".
Pas une question de débit
Sans avoir de données précises, l’équipe de Moselle Numérique estime qu’il s’agit essentiellement de TPE et de petites PME, trop concentrées par leurs activités pour se préoccuper du sujet. "Aujourd’hui, les entrepreneurs ont un besoin de connectivité important sans forcément avoir un besoin de débit important", souligne David Lemoy, directeur général adjoint de Moselle Numérique. Souvent associée à des débits importants par les messages publicitaires des grands opérateurs, la fibre répond surtout au besoin de "résilience" du réseau : "J’étais récemment chez un restaurateur qui a vu son ADSL tomber à 13 h 30, quand tous les clients voulaient payer. Ici, ce n’est pas une question de débit", illustre le directeur général adjoint de Moselle Numérique.
Une couverture qui doit atteindre les 100 %
Avec un argument de poids pour garantir la continuité de la connexion : "Les entreprises peuvent souscrire un abonnement FTTE, pour Fibre jusqu’à l’entreprise", souligne David Lemoy. À la différence des abonnements grand public, pour lesquels la technologie dite du FTTH, pour Fibre jusqu’à la maison, est utilisée, les professionnels peuvent obtenir une fibre dédiée qui ne sera pas mutualisée, du point de raccordement à Internet jusqu’aux locaux abritant leur activité.
Revendiquant un taux de couverture de 98 %, le réseau Moselle Fibre vise une couverture complète de la population et des entreprises avant l’extinction du cuivre. "Nous allons nous concentrer sur les 2 % qui restent", assure le directeur général de Moselle Numérique. Déjà tous étudiés, les cas où le réseau ne parvient pas encore à l’abonné concernent essentiellement des "problématiques en domaine privatif", assure Barath Tripard.