Plus de 45 banquiers et dirigeants d'entreprise ont participé au lancement des Matinales des Entreprises organisées le mardi novembre au Palais des Arts de Vannes. Organisée à l'initiative de la Banque de France et sa succursale de Vannes, cette manifestation a été imaginée par Brigitte Derval, directeur et ses services. "Nous voulons avoir des actions de place. Nous partons d'expériences de terrain pour offrir des regards croisés. Pour cette première, axée sur la thématique Comment financer sa croissance de façon optimale, nous avons eu le souhait que banquiers et entrepreneurs puissent se rencontre", résume Brigitte Derval.
Cepa en plein essor
Deux entreprises évoluant sur des secteurs d'activités différents ont témoigné. Spécialisée en câblage et intégration pour des équipements électriques et électroniques, Cepa, basée à Questembert, connaît une forte croissance depuis son rachat par Jean-Yves Braguier en 2006. "Nous travaillons pour des secteurs comme l'industrie, les transports. Nos clients ont des exigences fortes or nous avions deux bâtiments qui étaient obsolètes. Nous avons donc pris la décision de construire un nouveau site et d'ouvrir une filiale au Maroc", souligne le dirigeant. 1,5 M€ a été investi pour la construction puis 400.000 € pour un parc machines entre 2013 et 2014 et plus récemment 200.000 € pour une extension. Réalisant 11 M€ de CA contre 8,1 en 2014, l'entreprise noue des relations régulières avec son partenaire bancaire pour poursuivre son essor."Au premier rang des critères qui font que l'on suit un projet, je placerai la connaissance du client. Puis viennent également le professionnalisme du dirigeant, les produits développés et les débouchés attendus, la cotation de l'entreprise, l'impact du projet sur le chiffre d'affaires...", dévoile Gilles Vaillant du Crédit Mutuel de Bretagne.
Mgdis et la problématique de financement de l'immatériel
Autre environnement et autre besoin avec le retour de Mgdis, l'éditeur de logiciels de pilotage et de valorisation de l'action publique. Frank Mosser, directeur de l'entreprise vannetaise qui emploie 105 collaborateurs pour un chiffre d'affaires de 7,1 M€, évoque les piliers de croissance de Mgdis. "La R&D et la formation de nos collaborateurs sont fondamentaux. Nous y consacrons entre 20 et 33 % de nos budgets." Côté financement, l'éditeur indique "recevoir un soutien fort de BPI et souscrire au crédit impôt innovation et crédit impôt recherche". Il travaille aussi régulièrement avec l'UBS et la société Seed pour des développements futurs. En revanche, il a pointé "le manque de soutien à l'innovation servicielle et à l'innovation d'usage". A l'usage des banquiers dans la salle, Frank Mosser a aussi confessé regretter "la non-reconnaissance de la valeur du patrimoine humain. La conséquence : nous n'avons pu effectuer une levée de fonds comme prévu. Idem pour un projet de fusion. Ce constat est celui que nous faisons au global pas avec nos interlocuteurs de proximité." A ses côtés, Christophe Seillier, délégué régional de BPI, a confirmé la difficulté à financer l'immatériel.
Deux prochaines matinales ont été annoncées. Elles se dérouleront dans les salons de la préfecture. La première aura lieu le 25 février avec la restitution de l'enquête régionale de la Banque de France. Une autre est prévue fin mai - début juin. Le thème retenu pourrait être en lien avec les ressources humaines.