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Morbihan : La réponse du négociant Globalim au rouleau compresseur chinois
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Morbihan : La réponse du négociant Globalim au rouleau compresseur chinois

Spécialisée dans l'import de produits de la mer, Globalim pèse déjà 5,7 millions de CA. Une performance sur un marché ultra-dominé par les géants chinois. Aperçu des recettes du succès avec Jean-François Artige et Anthony Nicolas, les dirigeants de Globalim.

« Globalim, c'est l'histoire d'une synergie, d'un duo. Anthony est beaucoup plus dans la tempérance, moi dans la percussion. C'est mon côté amateur de football lyonnais ! Lui, est spécialiste des marchés sud-américains et maîtrise l'espagnol alors que moi, ma culture, c'est les marchés asiatiques et d'Europe du nord. Je maîtrise l'anglais. Mais en réalité, nous sommes devenus interchangeables. Nous nous connaissons très bien et savons qu'en l'absence de l'un, l'autre est en mesure de tout traiter sans laisser de faille. Anthony Nicolas a lancé Globalim après des débuts dans le négoce comme commercial à Larmor-Plage. Il a appris le métier sur le tas, débutant avec un fournisseur uruguayen. L'activité était tournée vers la noix de Saint-Jacques et le merlu à destination de l'IAA avec des contacts chez Carrefour pour son marché italien.




Diversification et vente à la palette

A l'époque, la société achetait essentiellement au container. Plus rompu à l'achat à la palette, j'ai pu apporter ma connaissance des écoproduits alimentaires. Aux noix de Saint-Jacques s'ajoutent ainsi aujourd'hui toutes les gammes des écoproduits, de la tête de langoustine aux sciures de poisson dont l'agroalimentaire est friand pour la fabrication de sauces, notamment. Se diversifier n'est pas un mot dans l'air du temps, mais correspond à une réalité : dans l'import-export plus que dans tout autre secteur, la Chine fait figure de rouleau compresseur ! Les Chinois ont des besoins gigantesques ! 150 millions de Chinois sont aujourd'hui riches, plus riches que la classe supérieure européenne ou américaine, et cette clientèle veut tout s'offrir !




Gros moyens et besoins des Chinois

La Chine ouvre des bureaux de négoce partout, achète en usines au prix fort et sans délais de paiement. Nous avons en tête une anecdote qui parle d'elle-même : intéressés par une cargaison et souhaitant absolument l'acquérir, nos concurrents ont, un jour, tout simplement acheté le bateau avec son contenu, 2.500 T de poisson ! Jadis, les Chinois ne mangeaient pas leur pêche. Aujourd'hui, leurs besoins excèdent largement la production. Pour des négociants européens, il faut s'adapter. Nous luttons pour rivaliser avec moins d'argent sur la table qu'eux, d'où l'importance de travailler sur la diversification, sur des besoins de niche des industriels, sur la qualité. Les usines asiatiques ou sud-américaines se disent souvent : pourquoi s'enquiquiner avec les Européens qui achètent peu et sont exigeants alors que les Chinois achètent tout sans regarder ? Notre travail consiste à leur faire comprendre qu'eux aussi ont tout intérêt à se diversifier, à ne pas dépendre que d'un seul marché au bord de la surchauffe.




Auditer les usines

Aujourd'hui nous tirons notre épingle du jeu de cette double présence sur les marchés asiatiques et sud-américains. Depuis le nouvel épisode d'El-Niño, les noix de Saint-Jacques périclitent au Pérou. Nous auditons d'autres usines, disposons de correspondants et nous rendons sur place, ce qui nous permet de savoir où trouver rapidement de la qualité. A ce titre, la Thaïlande est à la pointe. Mais nous travaillons au cas par cas, usine par usine. D'autres pays valent le coup. Globalim vend surtout en France et exporte environ 10 % du CA en Italie et en Tchéquie. L'IAA représente 80 % de nos clients, la GMS 15 %. Sur notre segment, une quinzaine de négociants œuvre en France, dont 3-4 sont sur Lorient. Nous pourrions très bien travailler n'importe où. Le choix de Lorient s'est imposé pour des raisons de qualité de vie. Et être présent ici, c'est tout de même plus cohérent en termes de suivi et de lisibilité. »

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