Mobilité décarbonée : Quels emplois demain à Rennes?
# Conjoncture

Mobilité décarbonée : Quels emplois demain à Rennes?

Prospective Les acteurs de l'emploi-formation planchent sur les conséquences de la multiplication des véhicules électriques et des modes de déplacements alternatifs.

Avec l'évolution de la mobilité, quelles conséquences, demain, pour l'emploi dans le bassin de Rennes? Dans le cadre d'un projet national copiloté par l'Alliance Villes Emploi et l'Ademe, les acteurs locaux - en lien avec la MEIF et le Codespar - se penchent sérieusement sur la question. Car c'est bien de vouloir développer le véhicule électrique, l'auto-partage ou le covoiturage, mais encore faut-il que l'ensemble des services associés soient prêts. Et que le bassin d'emploi local offre les compétences requises.




«Projet de territoire»

Le mois dernier, un comité de pilotage s'est tenu à l'Hôtel de Rennes Métropole. Élus, institutionnels, représentants des instances patronales et syndicales, entreprises de la filière... 70 personnes se sont réunies pour ce brainstorming géant. «Comment nous pouvons nous mettre en situation d'anticipation? Quelle posture pouvons-nous avoir ensemble, collectivités locales, entreprises, citoyens, pour construire un vrai projet de territoire?», s'est ainsi interrogée en préambule Gwénaële Hamon, vice-présidente de Rennes Métropole en charge de l'économie et de l'emploi. Des questions, soyons clairs, sans réponses aujourd'hui. Comment en effet déterminer les besoins en compétences, et donc en formation, alors que la filière n'est même pas mise en route? «Pour commencer, il faut des moyens, et pour qu'il y ait des moyens, il faut que ça commence», a ainsi malicieusement rappelé un élu d'une commune en périphérie de Rennes. Pour les aider dans leur réflexion, les personnes présentes se sont vues remettre une étude de SIA Conseil. Un cabinet qui est parti sur trois scénarios possibles: le statu quo, avec un prix du baril à 100-120dollars; une hypothèse beaucoup plus volontariste de la part des acteurs face à un baril à 150dollars; et la situation catastrophe, avec un baril à 200dollars, engendrant une récession et une baisse du pouvoir d'achat. Le cauchemar. Parmi les quelques idées évoquées lors de cette réunion, la question du rapprochement de l'emploi et du domicile - couplée à des solutions incitatives - a ainsi été évoquée. En ligne de mire, la notion de télétravail.




Le cas des garagistes

Le secteur des garages automobiles a également fait l'objet d'échanges. Quid demain de ce métier si les véhicules électriques deviennent légion? Un représentant du GNFA, organisme chargé des formations aux métiers de l'automobile, a ainsi souligné la difficulté majeure, dans le cas d'un développement massif de ce mode de transport: «former beaucoup de monde, en peu de temps, avec des budgets qui diminuent.» A contrario, si l'arrivée de ces véhicules se fait au compte-gouttes, c'est un autre problème qui apparaît. «Si les petits garagistes voient arriver un véhicule électrique tous les six mois, ils ne vont pas se former, ni investir dans des outils de diagnostic onéreux.» Bref, un vrai casse-tête qui devra trouver des ébauches de solutions d'ici à la fin de l'année. Gwénaële Hamon a en effet rappelé que cette démarche visait à aboutir à un plan d'actions emplois-compétences et emplois-formations à la fin de l'année. Il y a donc du pain sur la planche.

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