Michelin Inflatable Solutions, filiale du groupe Michelin, s’associe au concepteur et exploitant d’aéronefs Voliris pour développer la Navette Aérienne de Transport Automatique de Containers (NATAC), un aéronef nouvelle génération à mi-chemin entre le dirigeable et l’avion-cargo. Objectif : déplacer jusqu’à 30 tonnes de fret sans infrastructure lourde ni émissions polluantes.
Un partenariat pour alléger le ciel du transport lourd
L’aile-enveloppe de la NATAC, d’un volume de 25 000 m³, constitue le cœur technologique du projet. Segmentée en cinq lobes, elle se déploie sur le site d’utilisation après avoir été livrée pliée dans dix containers standards. Michelin (plus de 27 Md€ de CA en 2024 ; 129 800 salariés dans le monde) apporte ici son expertise dans les textiles techniques, les composites polymères et leurs procédés d’assemblage, un savoir-faire issu de plus d’un siècle de recherche sur les matériaux de haute performance.
La structure doit résister à des contraintes extrêmes — tension, pression, suspension de charge — tout en restant étanche à l’hélium et, demain, à l’hydrogène. Un défi d’ingénierie majeur que le Bibendum entend relever en innovant sur la durabilité et la flexibilité des matériaux.
Une mobilité aérienne plus propre et versatile
Conçue pour être entièrement compatible à l’hydrogène, la NATAC promet un transport de marchandises zéro émission et une empreinte au sol minimale. Ne nécessitant aucune piste en dur, elle pourrait desservir des zones enclavées tout en limitant l’artificialisation des sols. Son pilotage automatique et sa modularité — assemblée directement sur site — en font une solution logistique adaptable à des contextes variés : humanitaire, industriel ou isolé.
Un prototype à l’échelle 1/7e a déjà effectué ses premiers vols, et un démonstrateur grandeur nature de l’aile est attendu pour 2028. Ce jalon marquera une étape décisive vers la mise en service opérationnelle de la NATAC.
Michelin mise sur les matériaux composites
Avec la jeune pousse Voliris, Michelin veut démontrer que l’innovation aéronautique peut rimer avec sobriété carbone. Le géant du pneu confirme ainsi sa stratégie de diversification autour des matériaux composites et sa contribution à une mobilité durable, bien au-delà de la route. Le site opérationnel de Voliris est, lui, implanté sur l’aérodrome de Moulins-Montbeugny (Allier). Créée en 2003, la jeune pousse est soutenue par la holding industrielle NYFI d’Alain Bernard, dont la vocation est de faciliter la mobilité zéro carbone.