Le tourisme industriel devient aussi une activité économique à part entière pour les entreprises qui ouvrent leurs ateliers et sites de production au public. Entreprise et Découverte et Michelin Éditions ont ainsi publié en juin 2026 la carte « La France des savoir-faire », qui réunit 356 entreprises accessibles aux visiteurs. Les sites ont été sélectionnés selon trois critères : dimension culturelle de la visite, immersion dans la production et accueil professionnel du public. La carte couvre six grandes familles d'activité, de l'agroalimentaire à l'industrie en passant par le textile, les métiers d'art et les vins et spiritueux.
L'Ouest est représenté par plusieurs entreprises déjà positionnées sur cette activité. En Pays de la Loire figurent notamment Terre de Sel, à Guérande, ainsi que les distilleries angevines Giffard et Combier. En Bretagne, le dispositif référence notamment la Maison d'Armorine et la Conserverie Kerbriant, tandis que Le Parapluie de Cherbourg et les Caramels d'Isigny figurent parmi les entreprises normandes mentionnées dans la communication accompagnant le lancement.
22 millions de visiteurs dans les entreprises
L'enjeu dépasse la seule visibilité touristique. Selon l'Observatoire 2025 d'Entreprise et Découverte, 4 000 entreprises ont accueilli du public en 2024, contre 2 000 en 2019. Elles ont reçu 22 millions de visiteurs, soit une progression de 30 % en cinq ans. Ces deux chiffres sont également repris par la Direction générale des Entreprises.
Les PME représentent 37 % des entreprises ouvertes au public, contre 57 % pour les TPE et 6 % pour les ETI et grandes entreprises. L'agroalimentaire arrive en tête avec 37 % des sites, devant les vins, bières et spiritueux (25 %), les métiers d'art et l'artisanat (16 %) et l'industrie, l'énergie et l'environnement (13 %).
La visite devient une source de revenus
L'intérêt économique du dispositif apparaît également dans les dépenses des visiteurs. Une entreprise engagée dans le tourisme de savoir-faire accueille 3 500 visiteurs par an en moyenne, tandis que le tarif moyen d'une visite atteint désormais 9 euros, contre 5,90 euros en 2020, selon l'Observatoire 2025. La Direction générale des Entreprises reprend également ces deux indicateurs.
Surtout, 90 % des entreprises concernées disposent d'une boutique et le panier moyen après une visite serait supérieur de 40 % aux achats réalisés sans visite préalable, selon Entreprise et Découverte. L'ouverture des sites de production constitue ainsi pour certaines entreprises un canal de vente complémentaire, au-delà de son rôle de communication.
La fréquentation reste largement locale : 62 % des entreprises indiquent que leur premier public est constitué de visiteurs de leur propre région. Les touristes étrangers représentent pour leur part 18 % des visiteurs, tandis que 65 % des entreprises déclarent pouvoir recevoir une clientèle internationale.
Avec cette nouvelle carte, Michelin et Entreprise et Découverte donnent donc une visibilité nationale à une activité qui s'inscrit progressivement dans le modèle économique de plusieurs centaines de PME et de sites industriels français.