La fédération patronale, qui revendique 5 300 entreprises adhérentes, représente le transport routier de marchandises, secteur confronté depuis mars à une forte hausse du prix du gazole. Les instances de la FNTR se sont réunies le 28 septembre à la demande de sa présidente, Florence Dupasquier, élue en novembre 2024 et PDG du groupe Samat, spécialisé dans le transport de matières dangereuses. À l'issue de cette réunion, la fédération a confirmé trois demandes déjà formulées et en a ajouté une quatrième. Elles portent sur l'indexation des coûts énergétiques, les contrôles, les aides et la fiscalité.
Un secteur écarté de la prolongation des aides
Le 22 septembre, le gouvernement a présenté un plan de soutien estimé à 450 millions d'euros face à la hausse des prix des carburants. Il prolonge jusqu'au 31 décembre 2026 les aides accordées à l'agriculture, à la pêche et au BTP, et reconduit en l'élargissant l'aide aux grands rouleurs. Le transport routier de marchandises n'est pas concerné par cette prolongation. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a justifié ce choix par le mécanisme légal d'indexation. Celui-ci permet de répercuter la hausse du gazole sur les donneurs d'ordre. Reconnaissant des versements tardifs, il a estimé que ces aides « ne sont aujourd'hui plus nécessaires », selon des propos rapportés par Le Journal du poids lourd.
Côté coûts, le Comité national routier (CNR) chiffre, dans son étude de conjoncture de septembre, à 46 % la hausse du gazole professionnel pour le transport de marchandises entre août 2025 et août 2026. Le coût complet d'un ensemble articulé en longue distance progresse, lui, jusqu'à 11,2 % sur un an.
Indexation, contrôles et aides en attente
La fédération demande d'abord un renforcement par la loi de l'indexation des coûts énergétiques, revendication qu'elle porte depuis plus de vingt ans. Elle souhaite une simplification du mécanisme, avec à terme un indice unique pour chaque énergie, calé sur le mois en cours, afin de répercuter plus rapidement et plus clairement les variations de prix. Elle presse le gouvernement d'intégrer sans attendre l'amendement qu'elle défend depuis plusieurs mois sur ce sujet.
La FNTR réclame ensuite un durcissement des contrôles de la DGCCRF sur l'application de l'indexation du carburant et sur les délais de paiement, avec des sanctions administratives si nécessaire. Alors que les pouvoirs publics renvoient le secteur vers ce mécanisme, elle veut connaître le nombre de contrôles réalisés, de mises en demeure adressées et de sanctions prononcées.
La fédération réclame enfin la prolongation des aides pour le transport routier de marchandises. Elle demande que la plateforme dédiée aux aides de juin, juillet et août soit ouverte rapidement, alors qu'un décret renouvelant ce dispositif a été publié le 24 septembre, ainsi que le paiement immédiat des aides d'avril et de mai, que de nombreuses entreprises n'ont pas encore reçues. À la date du 25 septembre, 80 % des entreprises ayant déposé une demande avaient perçu l'aide d'avril et 16 % celle de mai, selon le cabinet du ministre des Transports cité par l'AFP.
Baisse des taxes et échéance à la mi-octobre
La quatrième demande est nouvelle : une baisse significative et temporaire des taxes sur les carburants professionnels, pendant toute la durée de la crise. La fédération l'appuie sur l'écart de prix avec l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne, qu'elle attribue au seul niveau de taxation. Elle décrit des trésoreries fragilisées et met en garde contre de possibles manifestations de colère si la situation restait sans réponse.
Les instances demandent au gouvernement de répondre de façon concrète avant la mi-octobre, une échéance précédée par le 80e congrès de la fédération, prévu les 7 et 8 octobre au Beffroi de Montrouge. À défaut, une nouvelle consultation des entreprises sera engagée pour décider d'actions plus fortes.