Métropole Nice Côte d'Azur : Christian Estrosi sonne la charge
# Investissement

Métropole Nice Côte d'Azur : Christian Estrosi sonne la charge

Le 2 février, le président de la Métropole Nice Côte d'Azur s'exprimait face aux acteurs économiques azuréens dans les salons du Radisson Blu Hotel. Un discours pour "lever les doutes" et "sonner la charge" face à un environnement contraint. Baisse des dotations, maintien des investissements, création d'un fond pour le commerce de proximité, mobilisation contre la privatisation de l'aéroport de Nice, voici les quatre points à retenir.

- Baisse de 11 M€ des dotations de l'Etat en 2015
"La Métropole se trouve confrontée aux mêmes épreuves que les entreprises. Nous sommes embarqués dans la même lessiveuse ", a attaqué d'emblée Christian Estrosi, devant un parterre d'acteurs économiques azuréens rassemblés au Radisson Blu Hotel début février, avant d'énumérer les baisses successives des dotations de l'Etat envers la collectivité. Soit près de 78 M€ cumulés entre 2014 et 2017 pour la Ville de Nice, 83 M€ pour la Métropole sur la même période, dont 11 M€ pour l'année 2015. Si les entreprises sont exsangues, la Métropole l'est aussi, voilà en substance le message délivré par l'édile qui entend poursuivre ses efforts sur les dépenses de fonctionnement (non remplacement d'un agent sur deux en départ à la retraite, réduction de 10% des heures supplémentaires, etc.), mais n'envisage pas pour autant d'augmentation d'impôts, ni de baisse des investissements.

- Maintien de la commande publique
"J'oppose à la politique d'austérité du gouvernement une politique et un budget qui retient la voie de l'investissement" a longuement insisté Christian Estrosi. La Métropole souhaite donc maintenir "peu ou prou le même niveau d'investissement" qu'en 2014 (136 M€), année durant laquelle "65% des marchés publics ont été obtenus par des entreprises locales". Le président de la Métropole prend le pari de continuer sa stratégie d'investissement, quitte à laisser filer la dette, pour soutenir la croissance des entreprises et ainsi augmenter ses recettes fiscales. "Les recettes fiscales sur les entreprises ont augmenté de 7 M€ entre 2014 et 2015", a-t-il détaillé. Elles devraient augmenter de 8 M€ en 2015 et entre 20 et 25 M€ d'ici à 2019 grâce au dynamisme économique et à l'attractivité, certes encore naissants, de l'Eco-Vallée. Et l'élu de réaffirmer, pêle mêle, le cap des 15.000 emplois au sein de l'éco-vallée d'ici à 2020, la réalisation du parc des expositions à l'horizon 2018, dont "l'injection monétaire dans notre économie est évaluée à plus de 700 M€ par an", l'entrée en phase concrète des opérations Grand Arénas et Nice-Méridia ou encore la création d'offres foncières nouvelles dans la future zone d'activité du Vallon du Roguez (20.000 m²) et les zones industrielles de Carros et Saint-Jeannet (20.000 m²).

- Création d'un fonds pour le commerce de proximité
Arrivée d'Ikéa en 2016 dans la Plaine du Var, ouverture prochaine du centre commercial Polygone Riviera de Cagnes-sur-mer, extension de Cap 3.000 à Saint-Laurent du Var, création de la galerie commerciale Nice One au stade Allianz Riviera..., le paysage commercial évolue en périphérie. Si l'emploi devrait s'en retrouver booster (2.650 créations d'emplois acquis ou à venir), l'inquiétude règne du côté des commerces indépendants des centre-villes. Christian Estrosi a donc annoncé la création d'un fond de soutien à destination du commerce de proximité. Ikea, Leclerc et Carrefour auraient déjà donné leur accord de principe pour y abonder. "Il s'agit de créer une dynamique partenariale entre les petits commerces et les surfaces commerciales", a-t-il souligné.

- Mobilisation pour le référendum contre la privatisation de l'aéroport de Nice
Enfin, le sujet de l'aéroport Nice Côte d'Azur n'a pas manqué d'être évoqué à l'approche du référendum du 19 février prochain appelant les Niçois à se prononcer en faveur ou non de sa privatisation. Et Christian Estrosi d'agiter le spectre d'un actif stratégique pour le développement et l'attractivité du territoire "contrôlé par des puissances étrangères". Et d'aspirer à "un pack d'actionnaires" composé "des collectivités et d'entreprises niçoises pour défendre la même stratégie territoriale".

# Investissement