Offensif, Christian Estrosi l'a été, assurément, lors du traditionnel point économique du début d'année. Devant un parterre d'entrepreneurs azuréens, le président de la Métropole NCA a souhaité « lever les doutes » sur la question des restrictions budgétaires imposées aux collectivités en insistant : « J'oppose à la politique d'austérité du gouvernement une politique et un budget qui retient la voie de l'investissement ». Et ce malgré des dotations en chute libre. Un pari risqué ?
Dotations en baisse de 11 M€ pour 2015
« La Métropole se trouve confrontée aux mêmes épreuves que les entreprises. Nous sommes embarqués dans la même lessiveuse », a-t-il attaqué d'emblée avant d'énumérer les baisses successives des dotations de l'État envers la collectivité. Soit près de 78 M€ cumulés entre 2014 et 2017 pour la Ville de Nice, 83 M€ pour la Métropole sur la même période, dont 11 M€ pour l'année 2015. Si les entreprises sont exsangues, la Métropole l'est aussi, voilà en substance le message délivré par l'édile qui entend poursuivre ses efforts sur les dépenses de fonctionnement, mais n'envisage pas de toucher à la fiscalité, ni aux investissements.
Recettes fiscales en hausse
Il s'agirait donc de maintenir « peu ou prou le même niveau d'investissement » qu'en 2014, année durant laquelle « 65 % des marchés publics ont été obtenus par des entreprises locales ». Le président de la Métropole se félicite ainsi « des promesses tenues » par le Small Business Act métropolitain et prend le pari de poursuivre sa stratégie d'investissement afin de soutenir la croissance et ainsi augmenter ses recettes fiscales sur les entreprises. « Elles ont augmenté de 7 M€ entre 2014 et 2015 ». Et devraient croître à nouveau de 8 M€ en 2015 et de 20 à 25 M€ d'ici à 2019 grâce au dynamisme économique et à l'attractivité, certes encore naissants, de l'Eco-Vallée. Et l'élu de réaffirmer, pèle mêle, le cap des 15.000 emplois au sein de l'Eco-Vallée d'ici à 2020, la réalisation du parc des expositions à l'horizon 2018, dont « l'injection monétaire dans notre économie est évaluée à plus de 700 M€ par an », l'entrée en phase concrète des opérations Grand Arénas et Nice-Méridia ou encore la création d'offres foncières nouvelles dans la future zone d'activité du Vallon du Roguez (20.000 m²) et les zones industrielles de Carros et Saint-Jeannet (20.000 m²). Quant à la question de la dette, proche du milliard d'euros, Christian Estrosi assure qu'elle est sous maîtrise, arguant que « si les finances de la Métropole n'étaient pas saines, la Banque Européenne d'Investissement ne lui aurait pas attribué un prêt de 250 M€ à un taux de 1,9 % sur 20 ans ». Une somme qui lui permet de boucler le financement de la ligne 2 du Tramway.
Un fonds pour le commerce de proximité
La seule véritable annonce tient, finalement, dans la création d'un fonds de soutien à destination du commerce de proximité, refroidi par l'arrivée prochaine d'Ikea, l'ouverture à la rentrée 2015 du centre commercial Polygone Riviera, l'extension de Cap 3.000 ou encore la création de la galerie commerciale Nice One. « Il s'agit de créer une dynamique partenariale entre le petit commerce et les grandes surfaces », a-t-il martelé. Ikea, Leclerc et Carrefour auraient déjà donné leur accord de principe pour y abonder. Et l'élu de conclure sur un appel du pied : « J'ai besoin de vous ! » Car en préférant l'investissement à la rigueur, Christian Estrosi s'engage dans un jeu d'équilibriste, où entreprises et collectivité doivent sortir gagnantes, sinon « on sera au bout de la ligne ». Et plus dure sera la chute.
Collectivité. Maintien de la commande publique malgré des dotations en baisse, création d'un fonds pour le petit commerce : NCA préfère l'investissement à la rigueur.