Le dernier projet en date mené par le Fonds Tourisme Côte d’Azur soutenait l’acquisition de deux hôtels haut de gamme dans le centre de Cannes. "Le dossier a été monté en moins de six mois, précise Pascal Boisselier qui a repris ces deux établissements. Souvent, lorsque l’on monte un financement, on est obligé d’un peu éduquer nos interlocuteurs. Là, il était réconfortant d’avoir en face de moi des gens qui connaissent parfaitement notre métier, ses rythmes, sa saisonnalité, les segments de clientèle."
34 millions d’euros investis
Fonds de dette à impact doté de 45 millions d’euros, le Fonds Tourisme Côte d’Azur a également soutenu l’extension d’un hôtel à Antibes, la création de Juma, un centre multi-loisirs premium pour adultes à Mougins, ou de ce qui devrait être le plus important centre de padel de la région. Sans parler de la réhabilitation d’une résidence de tourisme à Saint-Tropez, du développement du groupe familial varois Campasun et de ses campings, des secondes vies données à des châteaux dans le Var ou à d’autres sur la plage…
Ce sont ainsi 31 projets qui ont été soutenus pour un total de près de 34 millions d’euros : 21,7 millions d’euros dans les Alpes-Maritimes et 12,1 millions d’euros dans le Var. Le ticket de ces financements en prêt varie de 500 000 à 2,5 millions d’euros, se présentant comme complémentaire de l’offre bancaire.
"En quatre ans, nous avons rencontré plus de 1 000 dirigeants talentueux et investis pour le territoire, explique Laetitia Estrosi-Schramm, directrice du développement du Fonds Tourisme Côte d’Azur chez M Capital. Nous avons étudié plus de 300 projets qualifiés, contribué à la création sur le territoire de 700 emplois et investi près de 35 millions d’euros. L’effet levier est de 210 millions d’euros d’investissement au total."
Complémentaire du crédit bancaire
"Nous sommes là pour l’attractivité territoriale, souligne Basil Gertis, président de la CCI du Var qui s’est joint au Fonds en 2022. Nous répondons à une difficulté aujourd’hui qui est celle du dirigeant d’entreprise qui fait face à des taux très élevés et à une appétence des banques relativement faible au risque. Ce Fonds apporte sa légitimité et sa compétence pour rassurer les partenaires financiers et boucler les tours de table."
Sur le modèle de celui que M Capital avait déployé en Occitanie, le Fonds Tourisme Côte d’Azur est porté par la CCI Nice Côte d’Azur, la Caisse d’Épargne Côte d’Azur (CECAZ), la Banque Européenne d’Investissement et la Métropole Nice Côte d’Azur.
Lancé fin 2020, il avait été pensé bien avant le Covid avec l’objectif d’aider les professionnels dans la montée en gamme de leurs établissements, vers un tourisme plus vertueux (les critères ESG - environnementaux, sociaux et de gouvernance - sont pris en compte), pour rendre le territoire toujours plus attractif.
"Ce qui nous intéresse et d’avoir une clientèle qualitative, sélectionnée", appuie Christian Estrosi, maire de Nice et président de la Métropole NCA qui vient d’interdire le débarquement et l’embarquement des bateaux de croisière de plus de 900 passagers. "Nous voulons un tourisme choisi et non un tourisme subi."
Encore "quelques millions"
Il reste, selon les mots de Laetitia Estrosi-Schramm, "une petite enveloppe de quelques millions à déployer en 2025", avant la clôture du Fonds. Des financements qui pourraient notamment accompagner des projets en montagne alors que se profilent les Jeux Olympiques d’hiver de 2030 auxquels la Côte d’Azur prendra part. À ce jour, 80 % des financements ont bénéficié à l’hôtellerie et l’hôtellerie de plein air.