Alors que la suspicion à l'égard des banques reste toujours aussi forte, René Ricol poursuit un petit tour de France. Après Caen, le médiateur du crédit aux entreprises est venu à Rennes le mois dernier. Un Monsieur médiation qui, fort des retours des antennes régionales de la Banque de France sur la question du crédit, a un sentiment: «Je ne crois pas qu'on puisse accuser les banques de ne pas jouer le jeu. Quand elles arrêtent de jouer, il faut le dire. Mais quand on voit que les choses fonctionnent, il faut le dire aussi». En Bretagne, depuis la fin 2008, 308 entreprises ont saisi les services de René Ricol, et 293 ont donné lieu à une médiation, en majorité pour des demandes inférieures à 50.000 €. Parmi eux, 160 ont été clôturés dont 121 avec une issue positive, soit 76%. C'est au-dessus de la moyenne nationale (66%). Derrière ces dossiers, 3.214 emplois bretons ont ainsi pu être sauvegardés. Ils concernent particulièrement l'Ille-et-Vilaine et le Morbihan. En Bretagne toujours, automobile, électronique, transports routiers et dans une moindre mesure hôtellerie sont les plus touchés par la médiation. La restauration souffre par ailleurs particulièrement. Un constat inquiétant d'autant que d'après René Ricol, «nous ne sommes qu'au début de la crise». L'arrêté des comptes fin mars/début avril, risque en effet de faire mal... Le médiateur du crédit - commissaire aux comptes de profession - a par ailleurs profité de son passage en région pour souligner deux points d'inquiétude: la promotion immobilière et les relations donneurs d'ordre/sous-traitants.
Inquiétude pour la promotion immobilière
Du fait du durcissement par les banques des conditions de prêts pour l'achat de biens immobiliers et d'une prise d'hypothèque (plutôt qu'une promesse de prise d'hypothèque), le secteur souffre et la promotion en subit les conséquences. René Ricol compte ainsi réunir les banques pour assouplir les conditions d'obtention de prêts. «Un sujet plus simple que de faire repartir l'automobile». Le médiateur s'est par ailleurs inquiété de la pression exercée par certains grands groupes sur leurs sous-traitants. «J'ai le souci que la distribution et l'automobile n'oublient pas les petits en dessous. Car ils ne peuvent pas être indifférents à ceux qui les soutiennent loyalement depuis longtemps».
Le médiateur du crédit aux entreprises lui-même l'affirme: les banques remplissent aujourd'hui leur mission. Présent à Rennes le mois dernier, René Ricol a voulu rétablir certaines vérités.