Julien Girardon, marseillais, vient d’être lauréat national du concours Talents des Cités pour un projet original baptisé Abricotoit qui envisage d’installer des jardins potagers dans les centres-villes, sur les toits des immeubles.
«J’ai un parcours principalement universitaire. J’ai en effet fait un doctorat en biotechnologie végétale en Italie. Je travaillais sur le génome des plantes et j’étudiais la façon dont elles se protègent du soleil. Dans le cadre de mes recherches, j’ai beaucoup voyagé…», confie en préambule Julien Girardon. Et durant ses voyages, il constate que dans les principales grandes villes, les gens ont toujours tendance à végétaliser les espaces à leur disposition. «
À Tokyo, les habitants installent des jardinières sur les trottoirs et y font pousser des légumes».
À l’issue de son doctorat, il songe à un projet un peu fou. «
J’ai eu envie d’utiliser mes compétences et de créer une entreprise qui permettrait de redonner un peu de " vert " aux gens. J’ai pensé aux espaces inexploités en ville: les toitures. À New York, il existe déjà une entreprise qui végétalise le sommet des immeubles. À Marseille, nous avons du soleil et nous sommes à la traîne», confie le créateur qui a ainsi été accompagné depuis le début de l’année par la Yump Academy, qui forme et accompagne des jeunes de banlieue créateurs d’entreprise. Un concept venu de Suède. «
Nous étions 30 porteurs de projets et nous avons étudié l’ensemble des étapes de la création d’entreprise. J’ai ensuite postulé au concours Talents des cités où je suis parainné par la fondation EDF qui peut verser des aides au démarrage de l’activité. J’ai rencontré beaucoup de personnes», confie Julien Girardon qui souhaite ancrer son projet dans l’économie sociale et solidaire. L’entreprise devrait voir le jour au début 2016.
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Pour la première année, l’idée est de travailler avec les promoteurs et les cabinets d’architecte afin de rendre possible dès la construction des bâtiments la mise en place de jardins potagers sur les toits. L’objectif est d’apporter mes compétences techniques d’aménagement et d’entretien à ces espaces».
L’idée est aussi de faire travailler au sein de l’entreprise des personnes issues des quartiers et de produire des fruits et légumes qui pourraient ensuite être redistribués. «
Les écoles peuvent être intégrées dans le dispositif et les élèves pourraient ainsi travailler la terre, découvrir les cycles de la nature… L’avantage des toits c’est qu’ils sont moins pollués que les rues. Il existe un apiculteur qui place des ruches en centre-ville et nous pourrions trouver un partenariat entre nos activités».
Le porteur de projets envisage également d’autres partenariats, notamment avec des entreprises positionnées dans le photovoltaïque. «
La toiture est un espace très chaud, trop chaud (40 à 45 º) même pour que des panneaux photovoltaïques soient au maximum de leur rendement. La présence d’espaces verts permettrait de faire descendre cette température».
Il existe en France 2.200 hectares de toitures dont seulement 100 hectares sont aménagés chaque année, la plupart du temps par de simples pelouses. «
En Paca, il se construit 1,8 hectare par an de logements et d’entreprises. Il faut que je parvienne à mettre en place un projet pilote et ensuite j’estime qu’une mise en place de 400¬m² de jardins est possible dès la première année d’exploitation». Également lauréat du concours LaRuche/Orange, Julien Girardon devrait intégrer en fin d’année les locaux de La Ruche à Marseille.
Le Marseillais Julien Girardon a été l’un des douze lauréats du concours national Talents des cités 2015.