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Marseille Provence Croisière : "Nous sommes là pour résoudre les points négatifs autour de la croisière à Marseille"
Interview Marseille # Tourisme # Écosystème et Territoire

Jacques Hardelay président de l’association Marseille Provence Croisière "Nous sommes là pour résoudre les points négatifs autour de la croisière à Marseille"

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Jacques Hardelay est le nouveau président de l’association Marseille Provence Croisière depuis le 17 juin dernier. Il était président délégué depuis 2023 de cette association qui compte 104 adhérents (administrations, commerçants, armateurs…) et succède à Jean-François Suhas qui devient, à son tour, président délégué. Son ambition ? Faire de Marseille un modèle de croisière durable en Méditerranée, dit-il, tout en dialoguant et en valorisant l’attractivité du territoire.

Jacques Hardelay, président de Marseille Provence Croisière — Photo : DR

C’est un solide connaisseur de l’industrie et des secteurs maritimes qui prend la tête de Marseille Provence Croisière. Jacques Hardelay a un CV très fourni. Il est passé par grands groupes comme Sab Wabco et Alstom Transport et a été directeur général des Chantiers de l’Atlantique, où il supervisait la construction de paquebots jusqu’en 2012. Il a également dirigé les Chantiers Navals de Marseille de 2015 à 2021. Un mandat marqué, entre autres, par la réouverture de la Forme 10, l’une des plus grandes cales sèches d’Europe.

Comment se porte la croisière dans la région de Marseille ?

En 2024, nous avons dénombré 2,4 millions de passagers et nous restons le troisième port méditerranéen derrière Barcelone et Rome. On est en légère baisse par rapport à 2023, mais c’est une très bonne année. On a retrouvé et dépassé les chiffres d’avant-Covid. Nous constatons une augmentation des gens qui embarquent à Marseille (600 000 dont 80 % de Français). Ils apportent une contribution supplémentaire en venant parfois plus tôt, en allant à l’hôtel, au restaurant… La croisière fluviale sur le Rhône fonctionne également bien avec 125 000 passagers. Il y a de belles perspectives de développement. Des efforts sont faits dans les ports. Ce sont des bateaux de 180 — 200 personnes plus faciles à gérer. Et s’il y a de bonnes idées sur le fluvial, on peut les appliquer sur le maritime…

Quelles sont les ambitions pour les années à venir ?

On a construit un plan stratégique "Horizon 2030". Nous visons 100 % d’escales propres en 2030 avec quatre connexions électriques fin 2027. Les premiers essais commenceront en octobre. Trois seront installées en 2026. C’est fondamental pour éliminer les bruits et les fumées. Nous travaillons également sur la connexion électrique du J4 au Mucem pour les bateaux de luxe en 2026. Un autre élément important demeure le carburant alternatif. On soutient la filière du bio GNL ou e-GNL. On ne connaît pas le prix, on ne sait pas s’il y en aura assez, mais c’est la solution idéale pour avoir des bateaux propres. La gestion des flux de passagers en ville est aussi une priorité. On parle beaucoup de surtourisme même si, ici à Marseille, on en est loin. C’est un élément de tension avec quelques institutions. On travaille avec les armateurs, les administrations responsables de cette thématique le terminal croisière pour coordonner les plannings, limiter par exemple les nombres de cars qui vont à Notre-Dame de la Garde. Tout proche, il y a le Luberon, les calanques, Cassis, Avignon, un panel de propositions pour la gestion des flux. On souhaite aussi favoriser la venue des touristes au centre de Marseille car des commerçants se plaignent de ne pas les voir et déplorent qu’ils soient concentrés au Panier.

La croisière attire du monde mais elle n’a jamais été autant décriée…

Il y a des sujets sur lesquels la filière n’a pas été bonne. Les industriels s’investissent à fond pour régler le problème environnemental. Les solutions techniques ne se trouvent pas en 24 heures, cela demande du temps. Il y a désormais énormément de constructions de navires propres. 80 % des escales en 2024 ont été faites avec des bateaux de nouvelle génération. La croisière représente 3 000 emplois dans la région. Une étude démontre que chaque passager dépense en moyenne 60 euros lorsqu’il descend. Nous n’obligeons personne à aimer la croisière mais il y a des gens qui y vont, des gens qui en profitent. Nous voulons servir d’intermédiaire et d’intégrateur pour que tout se passe pour le mieux. Comme avec la mairie de Marseille qui a des points de résistance sur le sujet. Entre tout interdire et trouver un compromis, il y a de quoi travailler. Je veux reprendre le dialogue. Les points négatifs, nous sommes là pour les résoudre.

Marseille # Tourisme # Commerce # Maritime # Écosystème et Territoire # Stratégie # Politique économique # Réseaux d'accompagnement