Marseille-Provence 2013 : Les entreprises sont en première ligne

Marseille-Provence 2013 : Les entreprises sont en première ligne

L'année débute... et Marseille-Provence est capitale européenne de la culture ! Tandis que l'engouement du grand public reste encore à susciter, le monde économique local, lui, est dans les starting-blocks. Les entreprises, qui se sont investies dans l'aventure à hauteur de 25 M€, ne cachent pas leur impatience. A lire également : > Jean-François Chougnet. «J'assume mon droit à l'erreur» > Video Events. L'entreprise dopée par Marseille-Provence 2013 > Marseille-Provence 2013. Les entreprises jouent le jeu > Dynamique Provençale. Des produits provençaux pour MP 2013 > Galerie Pharos. «Marseille est une ville a-culturelle» > Un mois vu par Angelin Preljocaj

Il aura fallu patienter, un peu, beaucoup, mais finalement, le moment tant attendu est arrivé. A partir de ce mois-ci, et jusqu'à la fin de l'année, Marseille-Provence est officiellement capitale européenne de la culture. Et si du côté des Marseillais - mais aussi des touristes, attendus en nombre - la communication doit encore jouer à plein pour susciter l'engouement, le monde économique local, lui, n'est plus à convaincre. Bien au contraire. Après avoir attendu des années, il frémit même d'impatience devant l'ampleur des retombées promises. Preuve de leur engagement : comme elles l'avaient promis au moment de la candidature de Marseille-Provence, les entreprises ont joué à fond le jeu du mécénat et du parrainage. Et ce, malgré la crise survenue entre-temps.



«Nous avions prévu une participation des entreprises de 14,7 M€,

rappelle Hugues de Cibon, directeur mécénat et marketing de Marseille-Provence 2013. Mi-décembre, nous étions déjà à 14,4 M€, auxquels viennent s'ajouter plus de 2 M€ de contributions en nature, que nous n'avions pas anticipées». Sans oublier les quelque 10 M€ récoltés par le biais des fonds de dotations lancés par la Ville de Marseille, pour «la restauration de projets patrimoniaux et le lancement de projets événementiels en 2013». Au total, c'est donc un chèque de 25 M€ que les entreprises ont signé pour que vive l'année Capitale. Une somme suffisamment significative pour susciter l'espoir de retombées concrètes, même si elles ne sont pas forcément directes.




Logique du cercle vertueux

C'est d'autant plus vrai pour les cinq entreprises qui, à l'instar de la
Société marseillaise de crédit (SMC), ont fait le choix de devenir "Partenaires officiels" de la manifestation, moyennant une enveloppe de 1,5 M€ chacune. «Notre président du directoire,
Emmanuel Barthélémy, s'est investi très tôt dans ce projet, en partant d'une logique fondatrice pour nous, explique
Francis Papazian, directeur de la communication de la SMC. Dès lors qu'une grande initiative est susceptible de porter le développement économique de notre territoire, nous devons en être. Car sur le principe du cercle vertueux, ce qui est bon pour le territoire est bon pour nous». Sur le sujet des retombées, l'homme se veut parfaitement lucide : «Des retombées financières directes, nous n'en attendons pas. Nous n'imaginons pas les millions de visiteurs prévus se ruer dans nos agences. Ce que nous voulons, c'est voir le territoire, et donc nos clients, se développer. D'autre part, Marseille-Provence 2013 représente pour nous un formidable outil de cohésion interne, au moment où nous venons de grossir de 50 %. Sans oublier les belles opérations de relations publiques que nous pourrons organiser pour nos clients et prospects».




«Un travail de fond»

Du côté des "partenaires-projets" ou des "fournisseurs", si l'enjeu financier est moindre, l'attente n'en est pas moins vive. Comme chez Sartorius Stedim Biotech, qui parraine le spectacle "Color of time" : «Marseille-Provence 2013 représente un événement majeur pour notre région, et en tant qu'acteur économique d'Aubagne, il nous a semblé important d'y être présent afin de nous faire mieux connaitre», explique Christine Vedova, directrice de la communication. La société ne s'en cache pas, son objectif est avant tout de séduire de futurs collaborateurs :
«Nous sommes à la recherche de nouveaux talents. Nous recherchons des opérateurs de productions, mais aussi des ingénieurs pour notre activité de bioprocess. Nous espérons donner l'envie aux personnes de la région de venir travailler avec nous».



Pour les Meubles Lacaux, implantés à la Penne-sur-Huveaune, la motivation est toute autre. «Nous sommes une petite entreprise familiale de quinze personnes, implantée ici depuis 85 ans, rappelle le dirigeant, Jean-Michel Lacaux. Si nous avons décidé d'investir, c'est pour deux raisons. Avant tout, c'est pour donner un coup de pouce à une initiative positive pour notre territoire. Et en même temps, notre implication est susceptible d'accompagner notre image de marque, à la fois haut de gamme et design. Mais nous sommes réalistes. C'est un travail de fond, aux retombées difficilement quantifiables. Il s'agit avant tout d'un outil de communication différenciant».



Pour le traiteur marseillais
la Truffe noire, MP 2013 est une évidence. L'entreprise, qui compte une quarantaine de salariés, est ainsi "traiteur partenaire". «Nous nous sommes engagés depuis 2010. Notre dirigeante, Michèle Lanckman, a directement contacté l'équipe du mécénat. Nous étions prédisposés à cette rencontre. Tout d'abord, nous disposons d'un important savoir-faire dans la gestion de grands événements. Notre ADN est ensuite fondamentalement marseillais et, enfin, la cuisine fait partie des éléments importants de la programmation», confie Cindy Héritier, chargée de communication de l'entreprise.



Pour le gros des troupes, la foule de TPE et de PME locales qui ont choisi de devenir "supporters" de Marseille-Provence 2013, les motivations sont multiples. «C'est un élément de fierté pour les salariés, mais aussi un outil de communication et un facilitateur de réseau, estime Hugues de Cibon. Ce point est très important pour les petites entreprises, qui côtoient d'égal à égal de grands comptes».



Pour Virginie Brunet, créatrice de
l'entreprise Taasha spécialisée dans la création de sites internet : « Nous sommes une TPE (4 salariés et 2 associés) et nous ne disposons que de peu de budget. Nous n'avons pas les moyens de sponsoriser un tel événement. Au sein de l'association MP 2013, ils ont eu l'idée de mettre en place la formule des supporters. Le ticket d'entrée est de 5.000 euros. Nous avons choisi d'être dans du numéraire plutôt que dans du troc. Nous allons utiliser MP 2013 vis-à-vis de nos clients en organisant des soirées privées autour des événements. Nous motiverons aussi l'équipe. Nous sommes en train de sélectionner les événements. J'avais envie de m'investir dans une action culturelle. Peut-être serons-nous mécène du Pavillon noir en 2014 ? Nous sommes créateurs d'identité graphique et digitale. J'adore les arts et je suis sensible à la similitude qui unit chef d'entreprises et artistes ».



De façon plus "light", MP 2013 a mis en place des clubs entreprises, permettant un ticket d'entrée plus faible, de l'ordre de 1.000 €. «Nous adhérons depuis près d'un an, confie Nicolas Chabert, dirigeant de l'entreprise Perfeo. Nous voulions participer activement au rayonnement de la manifestation. Nous en parlons à nos clients et nous en avons fait une signature dans l'entreprise. la culture est un fabuleux vecteur de communication. Dans cette opération nous cotyons des clients, comme Vacances bleues, et même notre banque, la SMC».