Dans ce courrier, ils accusent clairement l’Etat de faire pression afin que la compagnie marseillaise, en redressement judiciaire depuis le 28 novembre dernier, soit liquidée. Selon eux, les avocats de l’Etat, de Transdev et de Veolia auraient clairement indiqué qu’ils ne financeraient le plan de sauvegarde de l’emploi (85 M d’euros) que si le redressement judiciaire était transformé en liquidation. «
Une exigence sans précédent en France», soulignent-ils par ailleurs.
Une accusation que le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, a démenti : "
Il est totalement faux de dire que l'Etat souhaite la liquidation de l'entreprise. Il a toujours souhaité la reprise de la SNCM et le sauvetage d'un maximum d'emplois ". De son côté, Transdev, a également aussi évoqué "des contre-vérités" dans un communiqué.
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Une fois que cette cession, que j'appelle de mes voeux, aura été prononcée par le tribunal de commerce et que le plan social, pour lequel les actionnaires apportent 85 millions d'euros, aura été mis en place, alors il faudra liquider une coquille vide puisqu'il n'y aura pas d'activité pour la SNCM", a enfin souligné Alain Vidalies, laissant entendre qu’une confusion d’ordre juridique a eu lieu. Une fois que la compagnie aura été reprise et aura changé de nom, la SNCM cessera en effet d’exister et sera liquidée. C’est d’ailleurs à cette condition que la Commission européenne pourra éventuellement reconsidérer ses deux condamnations à l’encontre de la SNCM, à laquelle elle exige 440 M d’euros.
Jeudi 3 avril, au lendemain de la rencontre au tribunal de commerce de Marseille, où les trois offres de reprise de la compagnie n’ont pas été examinées pour cause d’ « insuffisances », les administrateurs judiciaires, Frédéric Abitbol et Emmanuel Douhaire, nommés par le Tribunal de commerce de Marseille, ont écrit aux avocats de l'Etat et du principal actionnaire de la SNCM (Transdev, qui détient 66% de la compagnie).