Alpes-Maritimes
Marineland : « La guerre de communication a porté ses fruits »
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Pascal Picot Pascal Picot Marineland : « La guerre de communication a porté ses fruits »

Touché mais pas coulé, le premier parc marin d'Europe achève la saison estivale sur une hausse de fréquentation de 8% et poursuit son combat pour faire annuler l'arrêté « anti-reproduction des cétacés » signé en mai par l'ancienne ministre de l'Environnement, Ségolène Royal. Pour le Journal des Entreprises, Pascal Picot, directeur général de Marineland, fait le point. Interview.

En poste depuis le 29 mai, Pascal Picot, le nouveau directeur général du premier parc marin d’Europe, s’est fixé un objectif : « Redonner à Marineland la place qui est la sienne » après une année 2016 fortement impactée par les séquelles des inondations d’octobre 2015, et ce dans un contexte législatif incertain depuis la signature, en mai dernier, d’un arrêté interdisant entre autres la reproduction des cétacés en France qui vient menacer son activité à long terme. Sur tous ces fronts, « l’année 2017 aura donc valeur de test », expliquait-il en juin au Journal des Entreprises. Trois mois plus tard, le défi visant à rebooster la fréquentation du site a été relevé, avec une hausse globale de 8% du nombre de visiteurs en juillet et août. Reste l’épineux dossier de l’arrêté, contre lequel Marineland a déposé un recours auprès du Conseil d’Etat

Le Journal des Entreprises : Marineland a-t-il réussi sa saison estivale 2017 ?

Pascal Picot : « Oui, même si on a eu un peu peur en juillet avec une baisse de 4,6% du nombre de visiteurs par rapport à l’année dernière, ce qui correspond peu ou prou au taux d’occupation de l’hôtellerie azuréenne (-5% sur la période). Cette mauvaise performance est, je pense, la conséquence du décalage des vacances scolaires qui ont démarré le 8 juillet, notre clientèle estivale étant presque exclusivement composée de touristes. Heureusement, août a été très bon, avec une hausse de la fréquentation de 10%. Au global, nous progressons donc de 8% sur ces deux mois. En termes de chiffre d’affaires, là aussi nous enregistrons une hausse avec 4% de plus que lors de la saison 2016. Ces bons résultats nous permettent de viser les 850.000 visiteurs pour l’année 2017, sachant que notre objectif était de franchir de nouveau la barre des 800.000

Le test a donc été concluant ?

P.P. : « Cela prouve surtout que la stratégie de communication choisie depuis mon arrivée a payé, en tout cas pour cette année. On a pris la parole très régulièrement dans les médias, et là où les années précédentes on entendait que nos détracteurs, cette année, on a acheté des espaces dans la presse locale pour communiquer sur tous les arguments qui nous sont opposés. On a été plus audible qu’eux, ce qui a semé le doute et encouragé beaucoup de visiteurs à venir nous voir. Certes, de l’argent a été dépensé plus que d’habitude (budget toutefois compensé par la baisse des offres promotionnelles, NDLR), mais la guerre de communication a porté ses fruits. C'était risqué mais ça a marché ».

La prochaine bataille que vous avez à mener se place, elle, sur le terrain législatif. Où en êtes-vous de votre recours ?

P.P. : « Je rencontre cette semaine mes camarades du Parc Astérix et de Planète Sauvage qui eux-aussi ont déposé, début juillet, un recours auprès du Conseil d’Etat, pour coordonner nos informations et actions. Nous entrons dans une période de flottement puisque le décret entrera en application le 7 novembre. Or, le jugement est attendu pour cet hiver ».

Quelles sont vos revendications ?

P.P. : « L’annulation de l’arrêté dans son intégralité. Il y a dans ce texte énormément de points incohérents, à commencer par l’interdiction de la reproduction des cétacés qui nous empêche de participer au programme de reproduction des espèces européen acté par une directive de 2004 et pour lequel nous avons un agrément. C’est, disons, la partie émergée de l’iceberg. Il y a à côté des points plus techniques avec lesquels nous ne sommes absolument pas d’accord. D’où notre volonté de réécrire un arrêté cohérent, logique et applicable avec les associations et parlementaires. C’est ce qui avait été prévu et ce qui a été fait avant que Mme Royal ne modifie au dernier moment le texte ».

Votre stratégie de communication va-t-elle évoluer ?

P.P. : « Nous allons calmer le jeu sur le volet communication en attendant la décision du Conseil d’Etat. On saura alors vers quoi on s’oriente. A cet égard, nous sommes en train de travailler sur nos programmes de l’été 2018 en prenant en considération tout ou partie des contraintes de l’arrêté actuel. On travaille aussi sur des projets de nouveautés de façon à relancer l’attractivité auprès de la clientèle locale ».

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