Marc Lecoq : Toutes voiles dehors

Marc Lecoq : Toutes voiles dehors

Passionné de voile, Marc Lecoq a trouvé dans l'action syndicale un bon moyen de mener un engagement au service des autres. Avec combativité et humour, il a présidé l'UPG, l'Union des industries chimiques, et, depuis 2005, Congrès et expositions de Bordeaux.

Quand le Parc des expositions de Bordeaux a été inauguré, en 1969, Marc Lecoq régatait sur le lac qui borde le bâtiment. Sans trop prêter attention à l'événement que représentait cette ouverture. 40 ans plus tard, depuis son bureau de président de Congrès et expositions de Bordeaux, il peut observer les performances des plaisanciers bordelais. Ça ne remplace pas le bassin d'Arcachon, qu'il affectionne particulièrement, mais cela lui permet de rester dans son élément. Marc Lecoq est venu à l'action syndicale grâce à la voile. «Je faisais de la navigation et je m'étais beaucoup investi dans plusieurs associations sportives, explique le président de CEB. Après avoir présidé le Cercle de la voile de Bordeaux et la ligue aquitaine de voile, j'ai voulu m'occuper différemment. Je me suis alors dirigé vers l'action syndicale. C'est un très bon endroit pour recycler les personnalités du monde associatif». Marc Lecoq est alors gérant de Laboratoire du Sud-Ouest, une entreprise du secteur médical située à Blanquefort. Il tape donc à la porte du syndicat des industries chimiques du Sud-Ouest, qu'il intègre à la fin des années 80.




Dialogue et pugnacité

«Je n'ai jamais cherché un destin national, affirme Marc Lecoq. Je ne me suis jamais battu pour obtenir un mandat». Sans coup férir, donc, il devient président de l'Union des industries chimiques en 1992, puis président de l'UPG (ancien Medef) quatre ans plus tard. À la tête de ces organisations, Marc Lecoq imprime sa "patte": pugnacité, dialogue et, si besoin, coup de poing sur la table. «J'ai des principes très carrés, admet le président de CEB. Je peux laisser faire un certain nombre de choses avec lesquelles je ne suis pas foncièrement d'accord tant que cela ne touche pas à des principes fondamentaux. Mais, quand la ligne jaune est franchie, je n'hésite pas à couper la tête. Et quand j'ai décidé quelque chose, je me bats autant que c'est possible pour l'obtenir». Certains anciens élus de la CCI de Bordeaux peuvent en témoigner: quand Marc Lecoq n'est pas d'accord, il sait se faire entendre. Les empoignades avec Bertrand de Bentzmann, ancien président de la CCIB ont laissé des traces: «les relations que j'ai entretenues avec lui lorsque j'étais président de l'UPG ont été difficiles, reconnaît Marc Lecoq. Les patrons se plaignent du montant des prélèvements et votent des augmentations de taxe lorsqu'ils sont élus à la CCI».




Orthodoxie financière pour CEB

À la tête de l'UPG, Marc Lecoq a su modifier l'image de l'organisation professionnelle. Pour lui, cela devait notamment passer par l'installation dans de nouveaux locaux. «L'immeuble de la rue Durieu de Maisonneuve a permis d'améliorer la représentation de l'organisation patronale. Certes, je me suis demandé s'il faudrait se présenter avec cape et perruque dans ce bâtiment bourgeois, mais l'aspect financier de la transaction a emporté ma décision». Élu président de CEB en 2005, Marc Lecoq quitte la tête du Medef «pour ne pas laisser place au mélange des genres». Son arrivée le met tout de suite face à de lourdes responsabilités: le premier salon Vinitech connaît la défection d'une grande partie des professionnels du matériel agricole et les travaux dans le hall 3 du Parc des expositions entraînent des recettes inférieures aux prévisions pour la Foire. «Mi-2005, une projection financière nous a alertés sur des résultats calamiteux, se souvient Marc Lecoq. Il a fallu serrer les boulons et revenir à une certaine orthodoxie financière».