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La Bretagne Sailing Valley trouve son cap et accélère ses transitions
Lorient # Nautisme # Made in France

La Bretagne Sailing Valley trouve son cap et accélère ses transitions

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Porté par les exploits des navigateurs et navigatrices au long cours, le secteur de la course au large arrive à maturité en Bretagne. Avec un niveau de structuration qui l’oblige désormais à repenser son empreinte environnementale, tout en permettant le transfert de ses technologies à d’autres secteurs.

Sur les 40 skippers alignés au départ du Vendée Globe 2024-2025 qui s’élance le 10 novembre des Sables d’Olonne, 17 sont basés à Lorient, capitale attitrée de la Sailing Valley bretonne — Photo : Vincent Curutchet Alea VG2024

Alors que s’élance le 10 novembre 2024 du port des Sables d’Olonne la 10e édition du Vendée Globe, l’industrie bretonne de la course au large avance elle aussi toutes voiles dehors. Opposant 40 concurrents (un record) embarqués dans un périple en solitaire et sans assistance de plus de 45 000 km, " l’Everest des mers " s’impose comme la vitrine de son savoir-faire de pointe, lequel est probablement sans équivalent dans le monde. En effet, 80 % des voiliers Imoca au départ de l’aventure ont été fabriqués ou équipés par des entreprises bretonnes. Sachant qu’une quinzaine de nouveaux bateaux ont été mis à l’eau depuis la dernière édition en 2020, et que pour un Imoca neuf (longueur standard de 60 pieds, soit environ 18 mètres) le coût moyen se situe entre 6 et 8 millions d’euros, et que son budget annuel moyen se situe environ à 2,3 millions d’euros.

Lorient comme locomotive

De quoi structurer un puissant écosystème qui dénombre selon une récente étude pilotée par l’agence Bretagne Développement Innovation (BDI) un total de 258 entreprises toutes marquées d’un certain esprit d’innovation, ainsi que 2 592 emplois dont 25 % travaillent uniquement sur des projets de voile de compétition. Cet ensemble est propulsé par environ 250 écuries de course ou projets sportifs avec 320 emplois pour un chiffre d’affaires annuel de près de 60 millions d’euros. Dans ce panorama, Lorient fait nettement figure de locomotive en abritant plus de 120 teams, dont pas moins de 17 sont alignés sur le Vendée Globe.

De nombreux métiers concernés

La Bretagne Sailing Valley, qui représente l’écosystème économique de la voile de compétition en Bretagne regroupe de nombreux métiers avec en figure de proue la construction navale en matériaux composites dont les sociétés CDK Group, Multiplast, Avel Robotics, Lorima, Heol, Gepeto, sont les principales représentantes. Mais il ne faut pas oublier la conception et le calcul des structures (VPLP, Finot-Conq, Gsea Design…), l’électronique et l’intelligence numérique embarquée (MWI, NKE, Pixel sur mer, Teem…), les équipements et la sécurité à bord (Plastimo, Guy Cotten, Lyophilise…) et bien sûr les voiles. L’ensemble de ces fournisseurs développe un chiffre d’affaires de 468 millions d’euros, dont environ 40 % est uniquement dédié à la voile de compétition.

Recyclabilité des matériaux

Leur regard se porte déjà vers 2028 avec plusieurs projets en cours de réalisation. Dans ce contexte, l’analyse du cycle de vie des Imoca et la recyclabilité des matériaux qui les composent deviennent un enjeu crucial à travers notamment le projet Eco Sailing Design, ou encore l’objectif, d’ici au prochain départ du Vendée Globe, visant à limiter à 400 t les émissions de CO2 pour la construction d’un nouveau voilier.

Le retour d’expérience des entreprises est également fondamental pour d’autres secteurs, notamment celui du transport maritime, qui commence désormais à profiter des avancées testées par coureurs du Vendée Globe dans le domaine de la propulsion vélique, avec notamment le projet Solid Sail, porté par les Chantiers de l’Atlantique, mais aussi le secteur du routage et celui de la gestion de l’énergie.

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