Mapea : TPE ligérienne cherche deux millions d'euros...

Mapea : TPE ligérienne cherche deux millions d'euros...

Implantée à Fraisses, Mapea est spécialisée dans des activités de formulation de matières plastiques. Elle travaille sur un projet de recyclage des textiles synthétiques qui lui permettra, avec l'aide d'investisseurs industriels, de franchir le cap de la production.

«J'ai besoin de deux millions d'euros, vous ne les auriez pas par hasard?». René Genillon sourit. Le dirigeant de la petite entreprise de Fraisses plaisante. Il n'empêche que l'entreprise, spécialisée dans la formulation de matières plastiques, est à la recherche de deux millions d'euros ou de partenaires industriels pour mener à bien un projet d'envergure. Le patron s'est fixé fin 2013 comme ligne de mire, il en est au début de ses investigations financières.




Multiplier le chiffre d'affaires par 30

Mapea travaille, en effet, à la création d'une unité de production qui emploierait une vingtaine de personnes et générerait une dizaine de millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Cela signifierait une multiplication par 30 du chiffre d'affaires actuel de l'entreprise. L'usine verrait le jour dans la Loire, le Rhône ou la Haute-Loire, selon les opportunités d'implantation. «Cette unité sera positionnée sur le recyclage de textiles synthétiques en nouvelles matières premières plastiques, polyester ou polyamides. Cette usine sera capable de produire plus de 5.000 tonnes de matières finies par an», dévoile René Genillon. Très innovant, le procédé de recyclage et de fabrication est issu d'un travail de longue haleine de Mapea. «Depuis plusieurs années, nous essayons de montrer que nous pouvons créer des matières plastiques à partir de textiles de synthèse usagés. Il faut bien comprendre qu'on parle de milliers de tonnes de textiles enfouis ou incinérés. C'est pourquoi nous avons fédéré plusieurs partenaires, au sein du pôle de compétitivité Techtera». De ce travail est né le projet collaboratif "Textour", présenté au 14e appel à projets du FUI, en avril dernier, et centré sur le recyclage des déchets textiles.




Plusieurs entreprises ligériennes partenaires

Une dizaine d'acteurs, industriels et centres de recherche, se sont ainsi mobilisés derrière le chef de file Tri Vallées à Albertville. Parmi eux, plusieurs entreprises de la Loire: Mapea donc mais aussi la blanchisserie couramiaude BIC de Michel Kekayas ainsi que TAD dans le Roannais et Alpex à Saint-Chamond. «Avec BIC, nous portons deux orientations différentes mais totalement complémentaires. BIC propose du recyclage de textile en panneaux isolants pour le BTP, avec des textiles en fibre naturelle ou mélangée. De notre côté, nous nous occupons des matières de synthèse», précise René Genillon. Les résultats de cet appel à projets devraient être connus courant juillet. Le lancement effectif de Textour et l'arrivée de partenaires industriels devraient marquer des étapes décisives dans l'évolution de Mapea. Celle-ci se lancerait ainsi dans le grand bain de la production.




De la R & D à la production

Historiquement positionnée sur de la R & D pour le compte de ses clients avec des formulations de matières plastiques aux propriétés très particulières (bactéricides, phosphorescentes, odorantes...), Mapea a décidé depuis peu de réorienter sa stratégie en y intégrant une part de production. «Nos clients font appel à nous pour l'élaboration de leurs produits. Pourquoi ne serions-nous pas capables de faire nos propres produits?», interroge le gérant. «Nous nous sommes donc lancés, il y a quelques mois sur la production de mélanges maîtres. Nous avons également créé la gamme Regal. Il s'agit d'un alliage breveté de polyester et de polyéthylène». Cette gamme de plastique se veut l'intermédiaire entre des plastiques basiques et des plastiques techniques. «Nous en sommes aujourd'hui à l'étape des échantillonnages. Les clients sont en test. Ce n'est jamais évident de convaincre avec une nouvelle matière». À terme, la production de la gamme Regal devrait prendre de l'ampleur. «Nous allons vers la production, d'une part, d'alliages vierges, mais aussi d'alliages recyclés. Les matières recyclées pourraient provenir du procédé Textour. La boucle serait bouclée!», assure René Genillon. «Pour l'instant, c'est notre activité de R & D qui nous permet de financer notre activité production. Ce n'est pas un business model très rationnel... Nous sommes de plus en plus sollicités sur des projets collaboratifs, car nous avons su prouver nos compétences. Mais il nous faut faire entrer de l'argent pour nous donner les moyens de les mener à terme». En clair, en mettant les deux pieds dans le circuit de la production, Mapea veut faire entrer de l'argent et se donner ainsi les moyens d'avancer.

Mapea



(Fraisses) Dirigeant: René Génillon Effectif: 5 salariés CA 2011: 300.000euros 04 77 40 18 38